Face aux risques d'ingérences étrangères sur les réseaux sociaux, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann a lancé un appel solennel aux autorités françaises et européennes : ne pas avoir « la main qui tremble » face à TikTok et X. Dans une déclaration rapportée par Libération, il a exhorté à une réponse ferme et proportionnée contre les plateformes qui pourraient servir de vecteurs à des manipulations de l'information.
Un appel à la fermeté
« Il ne s'agit pas de céder à la panique, mais de faire respecter nos lois avec détermination », a insisté l'élu, qui siège au Parlement européen. Selon lui, les récentes révélations sur des campagnes de désinformation coordonnées via ces plateformes imposent une réaction « claire et sans ambiguïté » de la part des régulateurs.
Glucksmann a notamment pointé du doigt la nécessité d'utiliser tous les outils juridiques disponibles, comme le règlement européen sur les services numériques (DSA), pour contraindre les géants du numérique à plus de transparence. Il a également plaidé pour des sanctions économiques dissuasives en cas de manquements répétés.
Des précédents inquiétants
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs enquêtes ont mis en lumière des opérations d'ingérence présumées, notamment en provenance de puissances étrangères, visant à influencer l'opinion publique européenne. Selon des données citées par l'eurodéputé, « plus de 200 comptes suspects ont été identifiés sur TikTok et X lors des dernières élections européennes ».
Face à ces menaces, Glucksmann appelle à une « coordination renforcée » entre les autorités nationales et européennes. Il suggère la création d'une task force dédiée à la surveillance des contenus en ligne, capable de réagir rapidement en cas de détection de manipulations.
Des critiques sur la réponse actuelle
L'eurodéputé a également critiqué la « timidité » des réponses actuelles, estimant que les plateformes « jouent la montre » et que les autorités « tardent à agir ». Il a cité l'exemple de la Commission européenne, qui a ouvert plusieurs enquêtes formelles contre TikTok et X, mais dont les procédures « avancent trop lentement ».
« Chaque mois de retard est un mois de plus où nos démocraties sont exposées », a-t-il averti. Il a appelé à des « mesures provisoires » en attendant les décisions finales, comme la suspension de certaines fonctionnalités de recommandation algorithmique jugées à risque.
Un enjeu démocratique majeur
Pour Glucksmann, l'enjeu dépasse le simple cadre réglementaire : c'est la « souveraineté numérique » de l'Europe qui est en cause. Il a rappelé que les ingérences étrangères ne se limitent pas aux campagnes électorales, mais s'étendent à la désinformation sur des sujets de société, comme la santé publique ou le climat.
« Nous devons protéger nos citoyens, mais aussi la qualité de notre débat public », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation citoyenne et politique pour exiger des comptes aux plateformes.
Cette prise de position s'inscrit dans un débat plus large sur la régulation des réseaux sociaux en Europe, où les voix se multiplient pour réclamer des actions plus énergiques face aux dérives constatées.



