Double dérive politique : LFI et bloc central menacent la démocratie
Double dérive : LFI et bloc central menacent la démocratie

À neuf mois de l'élection présidentielle de 2027, la France est confrontée à une double dérive politique qui favorise l'ascension du Rassemblement national. D'un côté, La France insoumise (LFI) s'enfonce dans un gauchisme radical, illustré par l'affaire Barbara Butch et son soutien à Vladimir Poutine. De l'autre, le « bloc central » multiplie les concessions à l'extrême droite sur la sécurité et l'immigration, tout en poursuivant une politique économique néolibérale désastreuse. Face à cette double irresponsabilité, seule la gauche écologique, sociale et démocratique peut rassembler suffisamment pour faire barrage au RN, estime Guillaume Duval, ex-rédacteur en chef d'Alternatives économiques.

La dérive gauchiste de La France insoumise

Le tournant de LFI est indéniable. Alors que certains espéraient un recentrage républicain à l'approche de 2027, Jean-Luc Mélenchon a au contraire intensifié ses positions controversées. Il a notamment déclaré trouver « très imprudent d'accepter que l'Ukraine fasse des tirs en profondeur sur le territoire de la Russie », affichant un soutien implicite à Vladimir Poutine. Par ailleurs, il met en avant des propositions jugées farfelues comme les « écorégions », qui ne correspondent à aucune réalité sociale ou économique.

L'affaire Barbara Butch et le soutien à Allan Brunon, chef de file LFI à Grenoble, ont achevé de démontrer que le mouvement ne cherche pas à conquérir le pouvoir, mais à polariser davantage la société. Selon Duval, LFI mise désormais sur une victoire du RN pour ensuite incarner la résistance.

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La dérive droitière et l'aveuglement néolibéral du bloc central

Mais la dérive de LFI n'est pas la seule menace. Le bloc central, mené par Emmanuel Macron puis par ses successeurs potentiels (Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau), s'engage dans une surenchère avec l'extrême droite. Cette tendance s'est manifestée dès 2020 avec l'intégration de l'état d'urgence dans le droit commun, puis avec la loi immigration de janvier 2024.

Après la dissolution de 2024, Macron a nommé des premiers ministres de droite et refusé toute main tendue à la gauche. Le bloc central a systématiquement cherché l'appui de la droite et de l'extrême droite pour gouverner. Malgré une rupture théorique avec Les Républicains en octobre 2025 et un geste du Parti socialiste sur le budget 2026, cette dérive s'est accentuée. Les récentes lois sur la présomption de légitime défense pour la police et l'urgence agricole en sont des exemples frappants.

En matière économique, le bloc central promet de poursuivre la politique menée depuis 2017 : baisses d'impôts pour les plus riches et les entreprises, pression sur les dépenses publiques, désorganisation des services, et explosion de la dette. Cette politique a contribué à faire passer le vote RN de 25 % en 2017 à 40 % aujourd'hui, selon Duval.

La responsabilité de la gauche écologique, sociale et démocratique

Face à cette double dérive, la gauche écologique, sociale et démocratique porte une responsabilité immense. Elle seule peut incarner une rupture avec la politique catastrophique menée depuis 2017, tout en préservant la démocratie et en redressant les finances publiques, à l'image de Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Elle seule peut espérer rassembler assez largement pour battre le RN au second tour.

Cependant, Duval rappelle que cette gauche n'a pas été à la hauteur jusqu'ici. Il lui reste neuf mois pour prouver qu'elle peut assumer ce rôle crucial pour l'avenir de la France et de l'Europe. Comme il l'écrit : « Il n'a échappé à personne qu'elle n'a pas (du tout) été à la hauteur de cette responsabilité colossale jusqu'ici. »

Guillaume Duval est coprésident du club Maison commune, ex-rédacteur en chef d'Alternatives économiques, et a été speechwriter de Josep Borrell. Il a signé le manifeste « Construire 2027 ». Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n'engage pas la rédaction.

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