Moins d’un an avant l’élection présidentielle, ce devrait être en ce printemps la saison des premières amours entre futurs alliés en vue de ce scrutin décisif. Mais c’est plutôt la valse aux adieux ! Coup sur coup, Élisabeth Borne et Boris Vallaud ont quitté les instances dirigeantes de leur parti. Personne n’en a rien à faire ? Peut-être, tant ces deux personnalités sont dépourvues de charisme, éloignées de l’incarnation d’un idéal et orphelines d’un socle électoral national. Toutefois, leurs défections peuvent se révéler lourdes de conséquences, parce qu’elles surviennent à un moment bien particulier dans la précampagne.
La démission d’Élisabeth Borne : un désaveu pour Gabriel Attal
Élisabeth Borne était jusqu’à mercredi dernier présidente du conseil national du parti Renaissance. Elle s’en est retirée parce qu’elle « ne se retrouve pas complètement dans la ligne, qui n’est pas forcément débattue au sein de Renaissance ». Cette démission est intervenue juste après le passage en force de Gabriel Attal pour la présidentielle, passage en force qui devait être entériné par le conseil national mardi prochain. Pour les distraits qui n’auraient pas vu dans le geste d’Élisabeth Borne un désaveu cinglant de son prédécesseur à Matignon, celle-ci a déclaré ce dimanche : « Je fais partie d’une génération qui s’engageait davantage pour des idées, moins pour des postes. » Super ambiance en ex-macronie !
Boris Vallaud quitte la direction du PS, Olivier Faure affaibli
Boris Vallaud a quitté vendredi soir la direction du Parti socialiste avec ses troupes. Cette démission met officiellement en minorité le premier secrétaire Olivier Faure, réfugié ce dimanche à Château-Chinon pour célébrer le 45e anniversaire de l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Mais ce lundi est un autre jour, peu riant pour celui qui défendait encore, mardi dernier, la cause de la « primaire unitaire » lors d’un meeting à La Bellevilloise, à Paris, entouré de Clémentine Autain, Marine Tondelier, Lucie Castets ou François Ruffin. C’est justement son adhésion solitaire à cette primaire mal dégrossie que Vallaud reproche à Faure. Lequel peut désormais dire adieu à cette initiative, à une éventuelle candidature en 2027… et même peut-être à son fauteuil de premier secrétaire.
François Hollande savoure la zizanie
D’ailleurs, François Hollande cachait mal sa joie, dimanche, lorsqu’il expliquait les conséquences de cette défection : « Il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du PS. C’est fini, c’est terminé. » Tout ce qui ajoute à la zizanie au sein de son camp ne peut que ravir l’ex-chef de l’État, qui espère se présenter, après les échauffourées, comme le rassembleur, voire l’homme providentiel.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Il n’est pas le seul à observer avec une bienveillance intéressée ce grabuge microcosmique. Édouard Philippe, qui réunissait ce dimanche ses cadres à Reims, peut trouver dans ces claquages de portes une validation de sa « stratégie » de favori, tapi dans la tranchée... Gabriel Attal s’agite mais n’obtient aucun ralliement et encaisse même une défection. Le maire du Havre, lui, espère pouvoir afficher d’ici quelques semaines ou quelques mois des soutiens de poids, dont le moindre ne serait pas le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Jean-Luc Mélenchon, il y a huit jours, a assorti son annonce officielle de candidature de cette phrase : « Nous, c’est carré. » Chez ses ennemis sociaux-démocrates, c’est plus que flou ! Philippe et Mélenchon : voilà deux candidats déclarés que tout oppose, mais qui tous deux doivent considérer que le malheur des uns (Attal et Faure) fait leur propre bonheur.



