Ce mercredi 29 juillet, dès 5 heures du matin, sept vignerons de la cave coopérative d'Héraclès ont lancé les vendanges dans les vignes de Codognan, dans le Gard. Les premiers raisins chardonnays ont été réceptionnés à 7 heures, marquant le début d'une saison qui s'annonce prometteuse. C'est la troisième année consécutive que la cave entame sa récolte au mois de juillet, une tendance qui s'explique par la gestion de l'irrigation et les conditions climatiques.
Une récolte précoce mais maîtrisée
La cave d'Héraclès, forte de ses 1 400 hectares de vignes, effectue cette première vendange après sa fusion avec la cave de Vauvert. Selon Frédéric Saccoman, directeur général, la récolte de cette première journée est estimée à près de 100 tonnes de chardonnay. "Aujourd'hui, on produit du chardonnay, un vin de 10° à base bulle", a-t-il précisé. La cave bio vinifie une cinquantaine de vins différents, avec 200 compartiments répartis dans 120 cuves à double étage.
Les vendanges sont entièrement mécanisées. Les machines à vendanger secouent les vignes avant le lever du soleil afin de préserver la fraîcheur du fruit. "Nous voulons que les grappes arrivent le plus fraîches possible pour ne pas abîmer les précurseurs d'arômes", a expliqué Frédéric Saccoman. Une vingtaine de salariés sont attendus cette saison, tous ayant pris leurs congés en juillet pour anticiper cette récolte, qui arrive cinq jours plus tôt que l'année précédente. "70 % de nos vignes sont irriguées. On a aucun problème de sécheresse, c'est pour cela que nos vignes mûrissent plus vite", a-t-il ajouté.
Le regard des vignerons sur la saison
Pour Silvan Coste, l'un des vignerons participant à cette première matinée, c'est une première. "C'est la première fois que je commence ma vendange au mois de juillet. Ça démarre tôt, mais on a atteint la maturité qu'il fallait. Ce sont les vignes et la nature qui décident, pas nous", a-t-il confié. Il a apporté 14 tonnes de raisin dans sa troisième et dernière benne de la matinée. "Si on attend en août, on perd l'acidité et la qualité du grain", a-t-il ajouté. Avec le sourire, il observe les premières grappes tomber dans les cuves, tandis que les premiers filets de jus, les plus sucrés, s'écoulent. "C'est la vue du jus qui nous plaît plus que les grappes. Des fois, quand il fait trop sec, les grappes sont là mais pas le jus. Et ce qui fait du vin, c'est bien le jus", s'est-il enthousiasmé.
Fernando Martinez, un autre vigneron, se montre optimiste. "C'est toujours plaisant, surtout le premier jour. C'est une belle année avec du soleil et de l'eau en début de saison. Le climat est plutôt serein, les vignes n'ont subi aucune maladie ni de traitement. On s'attend à un très bon millésime", a-t-il assuré.
Un rythme qui va s'accélérer
Pour cette première journée, le rythme est encore mesuré. Mais dans les prochains jours, les tracteurs se feront plus nombreux. La cave prévoit de réceptionner jusqu'à 500 tonnes de raisin par jour. Une fois le conquet rempli, une imposante vis sans fin entraîne les raisins vers la chaîne de tri, puis ils sont répartis dans les cuves via un réseau de tuyaux appelé les "clarinettes". Une scène que les vignerons ne se lassent pas de voir, symbole de l'aboutissement de dix mois de travail.
Ainsi, dans le Gard, les vendanges sont lancées, portées par une nature généreuse et un travail d'équipe minutieux. Les prochaines semaines diront si le millésime 2026 tient ses promesses.



