La cour d'appel d'Azerbaïdjan a confirmé, mercredi 2 avril 2025, la condamnation à dix ans de prison du Français Martin Ryan pour «espionnage», selon une information communiquée à l'AFP par la juridiction. Cette décision valide le jugement rendu le 16 mars précédent, après un procès ouvert en janvier 2025.
Un homme d'affaires arrêté en 2023
Martin Ryan, un homme d'affaires installé en Azerbaïdjan depuis quatre ans au moment de son arrestation en décembre 2023, avait été reconnu coupable d'espionnage au profit de la France. Les accusations, fermement rejetées par Paris, portent sur le recueil d'informations sensibles pour le compte de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE).
Jugé dans la même affaire, le citoyen azerbaïdjanais Azad Mamedli, poursuivi pour «haute trahison», a également vu sa condamnation à douze ans de prison confirmée par la cour d'appel.
Recrutement par la DGSE selon l'accusation
Selon l'accusation, Martin Ryan aurait été recruté par des membres de la DGSE en poste à l'ambassade de France à Bakou, avant leur expulsion du pays. Il lui est reproché d'avoir été chargé de collecter des informations sur les relations entre l'Azerbaïdjan et plusieurs pays : la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Algérie et la Somalie. Il aurait également dû prendre des photographies d'armements livrés à Bakou par le Pakistan, ainsi que des renseignements sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Paris et Bakou depuis la reprise du Karabakh par l'Azerbaïdjan en septembre 2023. Ce conflit a entraîné le déplacement de plus de 100 000 habitants du Haut-Karabakh, majoritairement des Arméniens. Bakou reprochait alors à la France son soutien à l'Arménie, ce qui a exacerbé les relations bilatérales.
Réactions et implications diplomatiques
La France n'a pas commenté officiellement la décision de la cour d'appel, mais avait précédemment dénoncé les accusations comme infondées. Cette condamnation risque d'aggraver encore les tensions entre les deux pays, déjà marquées par des expulsions de diplomates et des accusations mutuelles d'ingérence.
L'avocat de Martin Ryan, Me Elchin Sadigov, a déclaré à l'AFP : «Nous contestons fermement ce verdict et envisageons de saisir la Cour européenne des droits de l'homme. Mon client est un homme d'affaires légitime, victime d'un procès politique.»
L'affaire soulève également des questions sur la sécurité des expatriés français dans la région. Selon des sources diplomatiques, plusieurs ressortissants français ont quitté l'Azerbaïdjan depuis l'arrestation de Ryan, craignant d'être la cible de représailles.



