Le Haut-commissariat au plan a publié, ce jeudi 17 septembre 2026, une note intitulée « Moins d’enfants et plus de personnes âgées, voire très âgées ». À l’horizon 2035-2050, la population française sera « globalement stable mais profondément recomposée », y observe l’institution. Cette recomposition implique un déplacement des besoins collectifs de l’enfance vers le grand âge, et appelle à une anticipation dans trois domaines : les services publics, la politique familiale et la politique migratoire.
Une population stable mais des besoins transformés
Le rapport souligne que le vieillissement de la population, conjugué à la baisse de la natalité, va profondément modifier la structure de la société française. « Le choc démographique est surtout une question de recomposition de la population et de renouvellement de ses besoins », a précisé Clément Beaune, Haut-commissaire au plan, lors d’une conférence de presse. Les besoins collectifs vont donc se déplacer de l’enfance vers le grand âge, ce qui implique de « planifier les services publics ».
Pour y faire face, le Haut-commissariat recommande de développer « des infrastructures publiques plus polyvalentes, réversibles et intergénérationnelles ». Il s’agit d’adapter les équipements publics à une population dont la composition évolue rapidement, afin d’éviter des investissements inadaptés aux besoins futurs.
Concilier emploi, parentalité et aide aux proches
L’institution appelle également à développer une politique de conciliation de la vie professionnelle et personnelle. En effet, une « part croissante des actifs devront conjuguer emploi, parentalité et aide à un proche dépendant », précise la note. Ce constat implique de repenser l’organisation du travail et les dispositifs de soutien aux familles, alors que la natalité décline en France depuis plusieurs années, comme dans de nombreux pays européens.
Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale, qui repose largement sur les revenus des actifs. Il avait conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à appeler au « réarmement démographique » de la France.
Repenser la politique migratoire et les autres leviers
Le Haut-commissariat estime qu’il est nécessaire de repenser dès à présent la politique migratoire pour la « relier » aux « besoins de compétences ». « Les nombreux pays qui connaissent un vieillissement de leur population vont se livrer à une concurrence pour recruter des populations d’âge actif pour faire face à ces nouveaux besoins », a souligné Magda Tomasini, directrice du service statistiques du ministère de l’Éducation nationale, qui a coordonné les travaux de la note. « Dans ce cadre-là, il importe de renforcer notre politique d’immigration et de la rendre indissociable de notre politique d’intégration ».
L’immigration n’est toutefois pas le seul levier pour faire face aux futurs besoins de la population. La productivité et la durée des carrières sont aussi des leviers à considérer, selon la note. En parallèle de la baisse des naissances, la France fait face à un vieillissement de sa population : le nombre de seniors va fortement augmenter dans les années à venir, du fait de l’arrivée à un âge avancé des générations nombreuses du baby-boom. Un phénomène synonyme d’un bond à venir de la demande d’accompagnement et de soins.



