Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, a annoncé qu'il ne participera pas à la primaire organisée par la gauche pour désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2027. Il maintient néanmoins sa propre candidature, selon une interview accordée au journal Libération.
Une décision motivée par le refus d'un « vote utile »
Dans cet entretien, l'élu explique que cette primaire, voulue par plusieurs forces de gauche, aboutirait selon lui à un « vote utile » qui « ne ferait que renforcer le camp macroniste ». Il estime que ce scrutin interne ne permettrait pas de « dégager une véritable alternative » et préfère donc se présenter directement devant les électeurs.
Bouamrane, qui avait déjà annoncé sa candidature en avril dernier, précise qu'il ne déposera pas de dossier pour cette primaire. Il affirme que sa démarche vise à « porter une gauche de transformation écologique et sociale » et à « rassembler au-delà des appareils ». Il appelle les autres candidats potentiels à « un débat public sans œillères ».
Une dynamique locale et nationale
Le maire de Saint-Ouen, figure montante du Parti socialiste, s'appuie sur son bilan municipal pour crédibiliser sa campagne. Il met en avant des réalisations concrètes comme la rénovation urbaine, les écoles ou la transition écologique de sa ville. Selon lui, cette expérience locale est un atout face à « des dirigeants nationaux déconnectés des réalités ».
Il indique également que plusieurs élus et militants de gauche, notamment issus de la société civile, l'ont déjà rejoint. Il promet de présenter « un projet complet » dans les prochaines semaines, avec des propositions sur le pouvoir d'achat, la santé et l'éducation.
Des réactions contrastées à gauche
Cette décision intervient alors que les discussions s'intensifient à gauche pour tenter d'unifier les candidatures. Certains responsables socialistes, comme le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ont appelé à une primaire ouverte pour départager les prétendants. D'autres, à l'image de Jean-Luc Mélenchon, ont déjà exclu d'y participer.
La décision de Karim Bouamrane pourrait compliquer ces efforts d'union. Elle illustre les divergences persistantes sur la stratégie électorale. Pour l'instant, aucun calendrier officiel n'a été fixé pour cette primaire, mais plusieurs sources évoquent une organisation au printemps 2027.
En attendant, le maire de Saint-Ouen poursuit sa tournée des régions pour rencontrer les citoyens. Il assure que sa candidature est « irréversible » et qu'il compte bien peser dans le débat, même sans passer par la case primaire.



