Le tribunal correctionnel du Mans a condamné mardi 25 août Maxime Gaucher, 37 ans, militant identitaire lyonnais fiché S et époux de la députée Rassemblement national (RN) du Rhône Tiffany Joncour, à 24 mois de prison, dont neuf assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, soit quinze mois de prison ferme sans aménagement. Il a été reconnu coupable de violences avec préméditation, menaces de mort réitérées, vol d'un téléphone portable, violation de domicile et dégradation du bien d'autrui, après avoir parcouru six heures de route pour s'en prendre au collaborateur parlementaire de son épouse, Tim Bouzon, qu'il accusait d'être son amant.
Une expédition punitive après la découverte d'une liaison
Le mercredi 19 août, alors qu'il passe ses vacances dans les Landes avec son épouse, Maxime Gaucher consulte le téléphone de celle-ci en son absence et découvre des messages révélant une relation extraconjugale. L'autre homme est Tim Bouzon, collaborateur parlementaire de Tiffany Joncour, mais aussi conseiller à la métropole de Lyon et élu à Décines-Charpieu. Selon plusieurs comptes rendus de la presse locale, Maxime Gaucher le connaît bien : Tim Bouzon est un proche de la famille, présent aux anniversaires et aux fêtes de Noël.
En apprenant qu'il séjourne à Neuville-sur-Sarthe, au nord du Mans, le mari prend le volant depuis les Landes pour le retrouver. Il lui adresse au préalable un message de menaces : « Je vais te tuer, je n'ai peur de rien », selon les éléments cités à l'audience par le procureur Axel Sandberg et rapportés par ICI Maine. Le trajet dure entre cinq et six heures, un délai au cours duquel le prévenu aurait pu renoncer, a insisté l'accusation. « A chaque kilomètre, vous aviez la possibilité de faire demi-tour », lui a lancé le procureur selon « Le Maine Libre ».
Une victime frappée au visage et au corps
Maxime Gaucher arrive aux alentours d'une heure du matin au domicile de Marie d'Herbais, ancienne attachée de presse de Jean-Marie Le Pen, et ex-épouse de Frédéric Châtillon, ancien président du GUD (Groupe union défense), groupuscule d'extrême droite dissous en 2024. Une soirée y est organisée, à laquelle Tim Bouzon participe. Selon Marie d'Herbais, le prévenu force la porte d'entrée de la propriété, ce qu'il conteste. La propriétaire des lieux a porté plainte et s'est constituée partie civile pour les dégradations.
Tim Bouzon ne se trouve toutefois pas dans la maison. Maxime Gaucher le retrouve finalement à l'extérieur, alors que celui-ci effectue un footing nocturne. Il le frappe alors à de nombreuses reprises, à coups de poing et de pied, principalement au visage mais également sur le reste du corps. Le médecin légiste relève en outre deux marques au niveau du cou, compatibles avec une strangulation, selon le compte rendu d'audience du « Maine Libre ». L'enquête avait d'abord été ouverte pour tentative d'assassinat, avant que les faits ne soient requalifiés. « Vous le massacrez. Vous êtes plus fort que lui », a résumé le procureur lors de l'audience, des propos rapportés par « Ouest-France ».
Tim Bouzon a été conduit à l'hôpital du Mans, où cinq jours d'ITT (Interruption totale de travail) lui ont été prescrits. Après l'agression, Maxime Gaucher s'est également emparé du portable de la victime, affirmant vouloir supprimer les échanges entre son épouse et Tim Bouzon. Interpellé le samedi suivant à son domicile dans le Rhône, il a ensuite été déféré devant le parquet du Mans et placé en détention avant son procès.
Un prévenu déjà condamné pour des faits de violences
A la barre, Maxime Gaucher a invoqué un « coup de tête » provoqué par la découverte de la liaison. « Ce jour-là, j'ai perdu ma femme. Et ma famille s'est écroulée », a déclaré ce père de quatre enfants et gérant d'une entreprise d'installation de climatiseurs, cité par « Ouest-France ». Au cours des débats, l'accusation a également cité les messages envoyés par le prévenu avant et après l'agression. A un proche, Maxime Gaucher avait notamment écrit que ce que Tim Bouzon avait subi était « le minimum ». Ces échanges, ainsi que la durée du trajet et les menaces adressées à la victime, ont été avancés par le parquet pour écarter la thèse d'un simple geste impulsif.
Maxime Gaucher était par ailleurs déjà connu de la justice. Son casier comporte plusieurs mentions pour des violences et dégradations, notamment sur des personnes dépositaires de l'autorité publique. Il avait également été condamné récemment pour travail dissimulé et se trouvait encore sous le coup d'un sursis probatoire au moment de l'agression. La défense a insisté sur les cinq jours d'ITT prescrits à Tim Bouzon, estimant que ses blessures, quoique spectaculaires, restaient superficielles. Le tribunal a néanmoins exclu tout aménagement des quinze mois de prison ferme, compte tenu de la gravité des faits et du fait que le prévenu se trouvait déjà sous le coup d'un sursis probatoire. La décision est assortie d'une obligation de soins et d'une interdiction stricte d'entrer en contact avec la victime ou de se rendre à son domicile pendant deux ans.



