Gabriel Attal, ancien Premier ministre et chef de file des députés macronistes, ne prend pas de vacances. Selon plusieurs sources proches du parti, il a prévu un été chargé de déplacements et de rencontres pour préparer sa candidature à la présidentielle de 2027. L'objectif : rattraper son retard dans les sondages et s'imposer comme le principal challenger de Marine Le Pen.
Un été de travail intensif
D'après son entourage, Gabriel Attal a programmé une trentaine de déplacements dans toute la France, des marchés aux festivals, en passant par des rencontres avec des élus locaux. Il prévoit également de recevoir de nombreux responsables politiques et économiques à Paris. Cette stratégie vise à "renouer le contact avec les Français" et à "incarner une alternative crédible", selon un proche du député des Hauts-de-Seine.
Le jeune leader, qui a quitté Matignon en janvier dernier, veut capitaliser sur son expérience gouvernementale et sa popularité auprès des jeunes. Il compte notamment sur les réseaux sociaux pour diffuser ses messages, tout en multipliant les interviews dans la presse régionale.
Des concurrents bien placés
Dans la course à l'Élysée, Gabriel Attal doit composer avec plusieurs concurrents au sein de son propre camp. Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, reste en tête des intentions de vote à droite, avec environ 25% des voix. De son côté, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, tente également de se positionner, mais ses résultats sont plus faibles.
Selon un sondage Ifop réalisé en juillet, Gabriel Attal obtiendrait 12% des intentions de vote au premier tour, derrière Marine Le Pen (31%) et Édouard Philippe (25%). Il devance toutefois Jean-Luc Mélenchon (10%) et Valérie Pécresse (8%). Ces chiffres montrent que le chemin est encore long, mais son équipe assure que la dynamique est positive.
Une stratégie de rupture
Pour se démarquer, Gabriel Attal compte axer sa campagne sur des thèmes comme la jeunesse, l'éducation et la transition écologique. Il souhaite incarner une "nouvelle génération" et proposer une "rupture avec les pratiques politiques traditionnelles". Il a d'ailleurs recruté une équipe de communication composée de jeunes talents issus du numérique.
Son entourage affirme qu'il prépare également des propositions concrètes sur le pouvoir d'achat et la réindustrialisation du pays. "Il veut montrer qu'il est un homme d'action, pas seulement un communicant", confie un conseiller.
Des critiques internes
Cette offensive estivale n'est pas sans susciter des critiques au sein de la majorité. Certains députés macronistes craignent que cette campagne anticipée n'affaiblisse l'action du gouvernement et ne divise le camp présidentiel. D'autres estiment qu'Attal devrait se concentrer sur son rôle de chef de file à l'Assemblée nationale plutôt que de préparer déjà la prochaine échéance.
Interrogé sur le sujet, un proche du président de la République a déclaré : "Emmanuel Macron n'a pas encore décidé de son avenir, mais il suit avec attention les initiatives de ses alliés." Une manière de rappeler que rien n'est joué, ni pour 2027, ni pour la primaire interne.
Un pari risqué
Pour Gabriel Attal, l'été 2026 est donc un test grandeur nature. S'il parvient à mobiliser et à convaincre au-delà de son camp, il pourrait créer la surprise. Mais s'il échoue, sa crédibilité en sortirait affaiblie. Selon un sondeur : "Les Français attendent de voir s'il a l'étoffe d'un président. Sa capacité à incarner une alternative sérieuse sera décisive."
En attendant, l'ancien Premier ministre continue de sillonner le pays, avec une détermination affichée. Il doit notamment se rendre à Marseille, Lyon et Lille dans les prochaines semaines, avant une rentrée politique qui s'annonce mouvementée.



