Aide à l'Ukraine : « couper le robinet » selon le RN, tollé général
Aide à l'Ukraine : « couper le robinet » selon le RN, tollé

Le vice-président du Rassemblement national (RN), Louis Aliot, a déclaré jeudi 3 septembre sur BFMTV que si son parti arrivait au pouvoir en 2027, il « couperait le robinet » de l'aide française à l'Ukraine face à la Russie. Cette position a immédiatement déclenché une vague de critiques, plaçant le parti d'extrême droite dans une position délicate alors qu'il tente de se distancer de ses liens passés avec Moscou.

Des réactions virulentes de la classe politique

L'ancien Premier ministre Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, a réagi sur X : « Couper le robinet à l'Ukraine, c'est servir la Russie ». Il a ajouté : « Vous ne ferez oublier à personne vos liens avec la Russie. » Gabriel Attal, également ex-Premier ministre et candidat, a renchéri : « Couper le robinet à l'Ukraine […] C'est laisser Vladimir Poutine gagner. »

À gauche, les critiques ont fusé. Olivier Faure, patron du PS et candidat, a déclaré sur X : « Le RN n'a jamais changé. Il préférera toujours Poutine à la résistance du peuple ukrainien. » Son rival dans la primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann (Place publique), a lancé : « Le parti de la capitulation ne doit pas prendre le pouvoir en 2027. »

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Le RN tente de nuancer, mais ses votes passés le rattrapent

Le président du parti, Jordan Bardella, a tenté de tempérer la proposition. Depuis le Royaume-Uni, où il s'est affiché avec son allié anti-européen Nigel Farage, il a affirmé vendredi qu'en cas de victoire du RN, « la France continuera évidemment d'honorer ses engagements internationaux, les engagements qu'elle a pris, mais […] nous ne nous interdisons rien ».

Cependant, au Parlement européen, Jordan Bardella a quasi systématiquement voté contre ou s'est abstenu lorsqu'il s'agissait de soutenir l'Ukraine ou des pays victimes d'attaques hybrides du Kremlin, comme l'a détaillé Le Nouvel Obs. Marine Le Pen, candidate du parti, reçue au Kremlin en 2017 et critiquée pour un prêt contracté auprès d'une banque russe dans les années 2010, a répondu qu'elle plaidait « depuis l'agression russe contre l'Ukraine » pour « une grande conférence pour la paix » afin d'aboutir à « un règlement diplomatique » du conflit.

Marine Tondelier dénonce un « cheval de Troie »

La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a attaqué depuis Lille ce samedi : « Le Rassemblement national montre son vrai visage : pour eux, une possible victoire de Poutine en Ukraine n'est pas un problème, c'est même plutôt ce qu'ils recherchent. » Elle a qualifié Marine Le Pen de « cheval de Troie » des « grands ennemis de l'Europe et de la France ».

Cette polémique intervient alors que le RN tente de faire oublier ses accointances avec la Russie de Vladimir Poutine, mais la question russe continue de provoquer des prises de bec au sein du parti. La déclaration de Louis Aliot et les réactions qu'elle a suscitées montrent que ce sujet reste un point sensible à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

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