La stratégie de Marine Le Pen de présenter le Rassemblement National comme un parti « social » est qualifiée de « supercherie efficace » par une analyse publiée par Libération. Ce positionnement, qui vise à séduire les classes populaires, masque en réalité un programme ultralibéral et xénophobe.
Un discours social qui masque une réalité ultralibérale
Selon l'analyse de Libération, le RN utilise des thèmes sociaux comme le pouvoir d'achat ou la protection des services publics pour attirer les électeurs, mais ses propositions concrètes restent profondément libérales sur le plan économique. La prétendue « extrême droite sociale » ne serait qu'un habillage rhétorique.
Le journal souligne que cette stratégie est « efficace » car elle permet au parti de Marine Le Pen de brouiller son image et d'élargir son électorat au-delà de sa base traditionnelle. En 2022, le RN a ainsi réussi à capter une partie des voix des milieux populaires, séduits par un discours axé sur la justice sociale.
Un programme économique contraire aux intérêts des classes populaires
L'analyse pointe que les mesures économiques défendues par le RN, comme la baisse des impôts pour les plus aisés ou la remise en cause des droits sociaux des étrangers, contredisent le discours social affiché. Cette contradiction est au cœur de la « supercherie » dénoncée.
Le texte cite l'exemple de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), une mesure que le RN a soutenue, alors qu'elle bénéficie principalement aux ménages les plus riches. Ce type de positionnement révèle, selon Libération, une véritable nature « ultralibérale » du parti.
Une stratégie de normalisation qui interroge
Cette « extrême droite sociale » s'inscrit dans une stratégie plus large de dédiabolisation menée par Marine Le Pen depuis 2011. En adoptant un vocabulaire social, le RN tente de se présenter comme un parti de gouvernement crédible, tout en conservant un fond idéologique marqué par la préférence nationale.
L'analyse conclut que cette approche fonctionne électoralement, mais qu'elle repose sur une illusion. Les électeurs qui croient voter pour un parti social découvrent, une fois au pouvoir, des politiques favorables aux plus aisés et discriminatoires envers les étrangers. Cette supercherie, bien que dénoncée, reste « efficace » dans le paysage politique actuel.



