7 octobre : Mélenchon accusé de jouer avec le feu
7 octobre : Mélenchon accusé de jouer avec le feu

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a relancé une vive polémique le 26 juin 2024 en refusant de qualifier le Hamas de mouvement terroriste lors d'une interview sur France Inter. Interrogé sur les attaques du 7 octobre 2023, il a déclaré : « Je ne qualifie pas, je ne suis pas un procureur. » Cette position a immédiatement suscité l'indignation de la classe politique, de la majorité présidentielle à l'extrême droite.

Une position qui divise la gauche

Mélenchon a justifié son refus en affirmant que « le droit international ne définit pas le terrorisme de manière univoque ». Il a ajouté que « condamner le Hamas sans condamner les bombardements israéliens à Gaza serait un manque d'équilibre ». Selon un sondage Elabe publié le 25 juin, 68% des Français considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, mais seulement 45% des électeurs de LFI partagent cet avis.

Plusieurs figures de la gauche ont pris leurs distances. L'eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) a tweeté : « Refuser de qualifier le Hamas de terroriste, c'est une insulte aux victimes. Mélenchon s'enferme dans une logique mortifère. » Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a également critiqué : « Le Hamas est un mouvement terroriste, point. Il n'y a pas de débat. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les réactions de la majorité et de l'extrême droite

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a dénoncé des propos « irresponsables » et a annoncé saisir la Commission nationale consultative des droits de l'homme. « Jouer avec le feu sur un sujet aussi grave, c'est dangereux pour la cohésion nationale », a-t-il déclaré. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a estimé que « Mélenchon montre son vrai visage, celui d'un allié objectif de l'islamisme radical ».

Au sein même de La France insoumise, des voix discordantes se sont élevées. Le député François Ruffin a évité de commenter directement, mais a rappelé que « la priorité est la paix et la protection des civils ». Une source interne à LFI confie sous couvert d'anonymat : « Cette sortie est une erreur politique majeure à quelques semaines de la trêve estivale. »

Un contexte de tensions internationales

Les déclarations de Mélenchon interviennent alors que le conflit israélo-palestinien connaît une escalade. Selon l'ONU, plus de 37 000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis octobre 2023, tandis que le bilan côté israélien s'élève à environ 1 200 morts lors des attaques du 7 octobre. Mélenchon a appelé à une « solution politique » et à la reconnaissance d'un État palestinien, mais ses adversaires l'accusent de faire le jeu du Hamas.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a rappelé que « la France a inscrit le Hamas sur sa liste des organisations terroristes en 2003. Nier cela, c'est nier l'évidence. »

Quel impact pour LFI ?

Les sondages montrent une érosion du soutien à LFI depuis le début du conflit. Un baromètre Ipsos du 20 juin indique que seulement 8% des Français font confiance à Mélenchon sur les questions internationales, contre 15% en septembre 2023. « Cette polémique risque de renforcer l'isolement de LFI sur la scène politique », analyse le politologue Jean-Yves Camus. « Mélenchon semble privilégié une ligne radicale qui séduit sa base mais le coupe du reste de la gauche. »

La direction de LFI a tenté de minimiser l'incident. Le coordinateur du parti, Manuel Bompard, a affirmé que « Jean-Luc Mélenchon a été clair : il condamne les actes terroristes, mais il refuse de se faire dicter sa conduite par le gouvernement. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale