Une campagne numérique inédite pour les élections municipales
Une surprise de taille attend les 5 millions de Français utilisant régulièrement l'application WeWard, qui récompense la marche à pied. Dimanche 15 mars, en ouvrant leur téléphone, une notification leur rappellera le premier tour des municipales. Dans l'application, le panda guide agitera un drapeau tricolore avec ce message : « Pour un dimanche engagé, enfilez vos baskets et allez voter à pied. » Aucun contenu partisan ni récompense n'est prévu. L'opération, répétée le dimanche suivant, vise uniquement à marteler les dates et favoriser le passage à l'acte électoral.
Des initiatives similaires sur d'autres plateformes populaires
Les habitués de Tinder ont déjà connu ce type de surprises. Dès janvier, l'application de rencontres a glissé à ses utilisateurs des recommandations sous forme de clin d'œil, comme : « Évite le goumin post-élections, n'oublie pas ta procuration », le « goumin » désignant un chagrin d'amour dans le langage de la Génération Z. D'autres messages apparaîtront sur des plateformes telles que Leboncoin, Blablacar, Lime, Bolt, et sur la chaîne Trace TV, spécialisée dans les musiques urbaines.
Le Service d'information du gouvernement à la manœuvre
Derrière ces encouragements, une seule signature : celle du Service d'information du gouvernement (SIG), basé à Matignon. Son objectif est clair : contrer l'abstention grandissante. Comme à chaque élection, ce service déploie une campagne traditionnelle à la radio et sur internet, avec un budget de 500 000 euros cette année. « Mais depuis plusieurs années, la parole institutionnelle a du mal à passer, constate Michaël Nathan, le directeur du SIG. Il faut donc réinventer les formats de communication. »
Un enjeu démocratique majeur face à l'abstention record
L'enjeu est crucial. Aux dernières municipales en 2020, l'abstention a atteint des sommets historiques :
- Plus de 55% des inscrits ont boudé le premier tour.
- 58,3% ont fait de même au second tour.
- Dans neuf villes, l'abstention a même dépassé 75% au second tour, comme à Créteil, Roubaix (Nord), ou Mulhouse (Haut-Rhin).
Conséquence directe, certains candidats n'ont été élus qu'avec une poignée de voix. Par exemple, le communiste Jean-Claude Kennedy a conservé la mairie de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) avec seulement 11% des inscrits, à l'issue d'une triangulaire. Cette situation soulève un véritable problème démocratique, nécessitant des actions innovantes pour encourager la participation citoyenne.



