Promettre de travailler sur le fond avant de réfléchir à la forme est un lieu commun pour tout responsable politique. Il est rare, pourtant, que la promesse soit tenue. La ribambelle de candidats déjà officialisés, ou qui s’apprêtent à le faire pour 2027, semble donner corps à l’idée selon laquelle la course des petits chevaux débute décidément très tôt.
C’est bien simple, chaque camp politique dispose déjà d’un ou plusieurs candidats. À une exception près : le MoDem qui, lui, a promis une autre méthode. Il a ainsi débattu d’un sujet complexe, ce lundi 18 mai, au troisième sous-sol de l’un des bâtiments annexes de l’Assemblée nationale. Thème de son colloque : « L’État de droit comme seule force d’action légitime en démocratie. »
Trois candidats potentiels dans la même salle
Les mots ne sont pas choisis au hasard. Et le casting est significatif : le MoDem, représenté en nombre, avec Marc Fesneau et François Bayrou, qui a fait le déplacement sans prendre la parole. Mais aussi l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, qui vient de fonder son propre mouvement politique, et plusieurs de ses soutiens. Sans oublier l’ancien socialiste Bernard Cazeneuve, qui a pris ses distances avec son parti d’origine et n’aurait pas écarté l’idée d’une candidature, lui qui sera encore l’invité de la matinale de France Inter ce mardi matin. « Ça fait trois candidats à la présidentielle ! » se marre un député, en voyant débarquer le député PS Jérôme Guedj, venu par curiosité.
Marc Fesneau et François Bayrou ne savent officiellement pas, à ce stade, où tout cela les mènera. Mais ce débat sert évidemment un projet politique, dans le but d’unir les forces centristes, voire au-delà, pour qu’elles deviennent centrales dans le débat présidentiel. D’où la main tendue à Élisabeth Borne et Bernard Cazeneuve. « Nous partageons avec ceux-là l’évidence du moment », plaide Fesneau. « Au centre, il y a des forces dispersées, la logique voudrait qu’elles se retrouvent », appuie François Bayrou.
Un calendrier encore flou
Reste à savoir quand, et surtout comment. « La ligne de départ est encore loin, répond le patron du groupe MoDem devant la presse. Il y aura des qualifications, des préqualifications. Tout le monde n’est pas encore dans la première division, donc on va voir comment tout ça se départage. »
François Bayrou opine. « Il est légitime que l’engagement dans une campagne présidentielle se fasse tardivement. Mais l’expression d’une vision commune, de cette volonté de travailler ensemble, doit se faire plus tôt. » Sous quelle forme ? L’idée d’une confédération revient souvent dans les échanges. Elle est loin de plaire à tout le monde, notamment à l’UDI et son patron Hervé Marseille, qui reste très attaché à son étiquette politique et à ce qu’elle incarne.
« À la fin, ce ne sera peut-être pas une confédération, nuance un cadre MoDem. Elles se construisent d’ailleurs souvent après une présidentielle, comme ce fut le cas pour l’UDF ou le MoDem. Nous ne sommes pas dans un plan minuté. L’idée est de bâtir un contrat de gouvernance que nous serons en mesure de soumettre, pour peser autant que possible et affirmer le fait qu’une alliance ne se fera pas à n’importe quelle condition. » Dans cette course à l’Élysée, le MoDem opte pour une forme de contretemps. Gare à ne pas rater le top départ.



