Némésis en niqab à Londres : provocation lors d'un meeting d'extrême droite
Némésis en niqab à Londres : provocation extrême droite

Des militantes du collectif identitaire français Némésis ont participé samedi 16 mai à Londres à la manifestation « Unite the Kingdom », organisée par le militant anti-immigration et anti-islam Tommy Robinson. Montées sur scène vêtues d’un voile intégral, elles l’ont retiré devant le public, provoquant des applaudissements nourris.

Une mise en scène choc

Alice Cordier, présidente du collectif Némésis, et deux autres militantes ont ainsi dénoncé « l’islamisme en Europe » avant d’ôter leur niqab sous les acclamations. Cette action a été relayée sur les réseaux sociaux par le collectif, remerciant Tommy Robinson pour son invitation et affirmant leur détermination à « stopper l’invasion islamique qui opprime les femmes ».

Réactions indignées en France

En France, cette mise en scène a été perçue comme une provocation. Le conseiller municipal Insoumis de Roissy-en-Brie, Youssef Aqira, a accusé les militantes d'« attiser volontairement l’extrême droite anglaise ». Il a rappelé l’implication présumée du collectif dans la mort de Quentin Deranque et appelé les services de renseignement à surveiller ce groupe « habitué aux provocations et proche des mouvances néonazies ».

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Un rassemblement sous haute tension

Des dizaines de milliers de sympathisants de Tommy Robinson ont défilé dans une marée de drapeaux britanniques, tandis qu’une marche propalestinienne et antiraciste se déroulait en parallèle. Dans le camp Robinson, des participants brandissaient des croix et des portraits de Jésus, reprisant en chœur des chants religieux. Certains, vêtus de tuniques de chevaliers, appelaient à « repartir en croisade ».

Un dispositif de sécurité exceptionnel

La police londonienne a mobilisé près de 4 000 agents, des véhicules blindés, drones, hélicoptères et des caméras de reconnaissance faciale en direct – une première pour une manifestation. Quarante-trois arrestations ont été effectuées lors des deux rassemblements, et vingt-deux supplémentaires lors de la finale de la Coupe d’Angleterre. Quatre policiers ont été agressés, sans blessures graves, et six autres ont été victimes d’infractions à caractère haineux.

Un contexte politique tendu

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer avait qualifié les organisateurs de « voyous » et de « racistes condamnés par la justice ». Ce rassemblement intervient une semaine après le succès électoral du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les législatives de 2029. Tommy Robinson, connu pour ses multiples séjours en prison, ambitionnait de reproduire le succès de sa marche de septembre, qui avait réuni jusqu’à 150 000 personnes.

Des participants radicaux

Parmi les manifestants, Dennis Evans, 81 ans, drapé dans l’Union Jack, se dit « heureux » que ses idées gagnent du terrain et se déclare favorable à une « remigration ». Amelia Stearn, jeune Britannico-Polonaise venue de Pologne, soutient la « protection des femmes et des enfants » et estime que « l’immigration illégale fait vraiment des ravages ».

La contre-manifestation propalestinienne

Plusieurs milliers de participants à la marche propalestinienne ont scandé « Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus », brandissant des keffiehs et des drapeaux palestiniens. Heather Booker, une participante, a exprimé son inquiétude face à la « montée du racisme et du fascisme en Grande-Bretagne et en Europe ». Ces rassemblements se tiennent alors que le Royaume-Uni a relevé son niveau de menace terroriste à « sévère », en raison d’une hausse des menaces islamistes et d’extrême droite.

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