Manon et Anthony Picheyre, un couple originaire de Haute-Garonne, ont remporté l'épreuve organisée dans le cadre du festival Good Food Good Mood en fin de semaine dernière à Hossegor. Avant d'en arriver à rendre son verdict, ce sont 28 préparations culinaires différentes que le jury formé autour du journaliste gastronomique François-Régis Gaudry a dégustées, durant deux journées pleines du Good Food Good Mood Festival. Tous les plats servis – salés et même sucrés – ont en commun d'avoir été exclusivement cuisinés sur une plancha. Treize équipes se sont en effet chauffées pour participer à cette deuxième édition du championnat du monde de plancha organisée par la maison Le Marquier, ces vendredi 15 et samedi 16 mai 2026, dans les extérieurs de la résidence hôtelière Jo & Joe à Hossegor (40).
Un championnat international
Formées chacune de deux cuisiniers, dont une majorité de passionnés et quelques professionnels, la plupart des équipes venaient de Nouvelle-Aquitaine ou d'Occitanie. Un duo de Belges et une autre formation arrivée d'Espagne ont donné une saveur internationale à cette compétition, finalement remportée par Manon et Anthony Picheyre, un couple de Toulousains installé à Grépiac (31).
Le kit vapeur, une innovation
À la façon de l'émission télévisée « Master Chef », une épreuve jouée par poules a qualifié neuf duos à l'issue d'une première journée de cuisine, vendredi. La « double cuisson » imposée a opportunément permis de présenter l'une des dernières nouveautés de ce fabricant de planchas installé à Saint-Martin-de-Seignanx : « un kit cuit vapeur » à poser sur cette planche de fonte émaillée chauffée au gaz ou à l'électricité.
Pour les demi-finales disputées dans la matinée de samedi, le garde-manger a été de nouveau rempli de produits de saison et incarnant le territoire tels que les asperges vertes ou blanches des Landes. Huiles, sauces, condiments et aromates s'offraient aux mains des cuisiniers. Mais pour faire monter la température de cette compétition qui ne manque pas de fonte, les organisateurs leur ont soudain remis une « valise mystère », avec l'obligation d'utiliser l'ensemble des ingrédients : « une cuisse de canard confite, des piquillos, des petits pois frais, du thym et de l'ail nouveau ».
Une finale sous tension
Durant deux heures samedi après-midi – sous les objectifs de nombreuses caméras de télévision et devant un public prêt à s'embraser –, les trois duos finalistes ont rallumé leurs planchas pour plancher sur les recettes et les confections d'un plat, puis d'un dessert, devant contenir du kiwi de l'Adour. Si les « Planchas Ferias » du couple Picheyre ont été élues par les jurés et ont devancé les « Planch'Angeles » et les « Châteaux forts », tous ont gardé leur sang-froid autour de cette plaque brûlante, comme s'en félicitait François-Régis Gaudry : « On avait affaire à des univers culinaires et des projets totalement différents, tous d'un très bon niveau. L'enjeu pour le jury, c'était de faire la bonne moyenne de ces deux chapitres, le salé et le sucré. »
Un marché en pleine expansion
« Avec ce championnat du monde, on souhaite montrer qu'avec une plancha, on peut en toute saison cuisiner des viandes, des légumes, des entrées comme des desserts », nous explique quant à lui Régis Flusin, le président de la maison Le Marquier. Avec « 20 000 à 30 000 planchas par an » commercialisées par sa marque, ce marché ouvert depuis les années 1990 serait moins mature qu'il n'y paraît. « Dans le Sud-Ouest, on peut avoir l'impression que la plancha est un objet courant. Mais ce n'est pas encore le cas dans le reste de la France, les pays d'Europe du Nord, le Canada et les États-Unis », souligne le coorganisateur du Good Food Good Mood Festival.
Alors qu'on pensait la plancha s'effacer derrière les fumées s'échappant des barbecues et autres braseros faisant saliver les bons vivants, voilà donc qu'elle renaîtrait de ses braises. Elle formerait même une planche de salut pour les 60 % de Français équipés pour cuisiner en extérieur, selon François-Régis Gaudry : « La plancha, c'est un appareil qui est tout sauf intimidant. C'est comme une petite voiture de ville facile à conduire, quand le barbecue peut être vu comme une voiture de course. »
À l'exemple du champion du monde Anthony Picheyre, pour qui « la plancha est totalement complémentaire d'un barbecue, avec deux outils pour t'amuser à cuisiner », la maison Le Marquier mise ainsi sur une nouvelle génération d'aficionados prête à « démultiplier les équipements ». Une façon d'alterner la danse du feu et la « plan-cha-cha », comme l'a naguère chanté le chef cuisinier Alain Darroze à l'occasion de sa mémorable présentation télé d'un bulletin météo : « Vous pourrez quand même faire de la plancha. Faites de la plancha, sans arrêt de la plancha… Vous fêterez plein de choses à la plancha ! »



