Municipales à Lunel : les enjeux stratégiques des sept candidats au premier tour
Municipales Lunel : enjeux des 7 candidats au 1er tour

Municipales à Lunel : sept candidats en lice pour un premier tour décisif

Dans la cité pescalune, le scrutin municipal de dimanche s'annonce particulièrement disputé avec pas moins de sept candidats officiellement déclarés. À quatre jours du vote, ces prétendants au siège de maire partagent un objectif immédiat commun : franchir le seuil symbolique des 10% des suffrages exprimés, condition sine qua non pour espérer peser dans la configuration du second tour, que ce soit en se maintenant seul ou en fusionnant avec une autre liste.

Un paysage politique fragmenté

Les 19 206 Lunellois inscrits sur les listes électorales devront choisir entre Bruno Gagne (Pour l'Union populaire, Lunel fière et solidaire), Stéphane Dalle (Lunel au cœur), Paulette Gougeon (Mon parti, c'est Lunel), Stéphane Muscat (Envie de Lunel), Thierry Razigade (Vivons Lunel), Anthony Belin (Lunel c'est vous !) et Lise Florès (Lunel collectif, gauche et écologie citoyennes). Chaque candidat devra également atteindre le minimum de 5% pour obtenir le remboursement des frais de campagne engagés.

La fusion éventuelle entre listes devra impérativement être actée avant mardi 17 mars à 18 heures, heure limite du dépôt des candidatures pour le second tour en préfecture. Cette contrainte temporelle ajoute une dimension tactique supplémentaire à une campagne déjà complexe.

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La gauche divisée face à son propre test

Le scrutin constitue un véritable test pour La France Insoumise (LFI) qui pourra mesurer précisément son poids électoral local. Le candidat Bruno Gagne, bénéficiant d'un accord avec le Parti Communiste Français (PCF), peut se référer aux 5,32% obtenus par le PCF en 2014 (561 voix) et à la qualification de Nadia Belaouni (LFI) au second tour des législatives de 2024 avec 3 406 voix.

Cependant, une nuance importante : ce résultat législatif était le fruit d'une union parfaite à gauche, alors que pour ces municipales, la division règne. Lise Florès et son collectif « Lunel collectif gauche et écologie citoyennes » sont également en lice, soutenus officiellement par Les Écologistes et diverses petites formations de gauche. Ils espèrent séduire des électeurs du PS ou du PC hostiles à l'union avec la maire sortante Paulette Gougeon et avec LFI.

Entre Bruno Gagne et Lise Florès, un match dans le match se profile donc dimanche, avec un rêve commun : dépasser les 10% pour pouvoir négocier en position de force.

Trois prétendants à l'héritage Soujol

Trois candidats – Paulette Gougeon, Stéphane Dalle et Stéphane Muscat – partagent la même ambition : arriver en tête dimanche soir. Ils vont puiser dans le même électorat, celui des 3 284 voix réunies par Pierre Soujol au second tour de 2020, augmenté de la « prime de bilan » pour les sortants.

Paulette Gougeon dispose de deux atouts majeurs : le soutien officiel du PS (plus de 1 000 voix il y a six ans) et son statut de maire sortante, première héritière naturelle de Pierre Soujol. Mais ce statut l'oblige à une performance convaincante au premier tour, avec une nette avance sur ses concurrents.

Stéphane Dalle, ancien premier adjoint ayant assuré l'intérim à quatre reprises (soit près de deux ans), semble bien placé pour séduire l'électorat Soujol. Son principal écueil reste son échec à convaincre une majorité de ses pairs de lui confier la fonction de maire en juin dernier. Pour espérer devenir premier magistrat ou peser au second tour, il doit impérativement arriver en tête ou au coude à coude dimanche.

Stéphane Muscat, ancien directeur de cabinet de Claude Arnaud (2000-2008), présente un creuset électoral plus mystérieux. Il peut théoriquement grappiller des voix dans l'électorat Soujol (ayant récupéré plusieurs élus importants), dans celui d'Arnaud (grâce à des relations solides maintenues) et à gauche (avec le soutien de Jean-Pierre Berthet, chef de file du PS en 2020). Il peut aussi bénéficier de la dynamique de son union avec Christophe Musset, même si ce spectre reste incertain.

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L'énigme Razigade et l'union sans label Belin

Thierry Razigade pourrait théoriquement prospérer dans les 2 606 voix réunies par l'ancien maire Claude Arnaud au premier tour de 2020. Cependant, le candidat a assumé cette filiation tout en fondant sa campagne sur une émancipation de cet héritage. Son résultat dimanche sera donc surtout le fruit d'un travail de terrain et de proximité débuté en équipe dès 2022, puis en tant que candidat depuis un an. Son objectif affiché : une qualification au second tour, même si la suite reste incertaine.

Anthony Belin, candidat de « Lunel c'est vous », a réussi l'exploit de s'unir avec le Rassemblement National local, notamment avec Julia Plane (1 535 voix en 2020). Mais il n'a pas obtenu l'investiture des instances nationales, et le député UDR Charles Alloncle (4 380 voix aux législatives de 2020) s'est tenu à distance, se contentant d'un récent soutien écrit. Les conséquences de cette situation restent à déterminer.

Pour parvenir à l'hôtel de ville – ce que le RN seul n'a jamais réussi jusqu'ici – l'ancien directeur de cabinet de Pierre Soujol doit impérativement arriver en tête dimanche, et plutôt nettement. Dans le cas contraire, il ne pourra espérer qu'une fusion avec une autre liste ou que les candidats à l'électorat compatible ne dépassent pas les 10%.

Dimanche, les Lunellois devront donc non seulement choisir un projet municipal, mais aussi dessiner les contours des négociations qui s'annoncent serrées pour le second tour. Chaque voix comptera double : pour le premier tour bien sûr, mais aussi pour le rapport de force qui s'installera dès lundi matin.