Des fondations du Liechtenstein sauvent le patrimoine de la Côte d'Azur
Fondations du Liechtenstein : mécénat pour la Côte d'Azur

Deux fondations du Liechtenstein ont participé au financement de la restauration de la chapelle du Saint-Sépulcre à Nice, de la villa E-1027 d’Eileen Gray à Roquebrune-Cap-Martin et de l’Apollon de l’observatoire de Nice, selon les administrateurs Maximilien Marxer et Anita Laternser. Ces dons, rendus possibles par le cadre fiscal français favorable au mécénat, illustrent un engagement philanthropique transfrontalier inattendu.

Un mécénat princier pour la Côte d’Azur

Maximilien Marxer, né à Istres mais d’origine liechtensteinoise, et Anita Laternser, tous deux administrateurs de fondations d’utilité publique au Liechtenstein, expliquent leur démarche : « Grâce à une fondation, nous avons contribué à la restauration de l’Apollon de l’observatoire, de la villa E1027 d’Eileen Grey à Roquebrune-Cap-Martin et de la chapelle du Saint-Sépulcre à Nice. » Leur soutien s’inscrit dans une logique de confiance et de relations humaines, comme ils le soulignent : « La philanthropie repose avant tout sur des relations humaines et sur la confiance. Lorsqu’une fondation soutient ce type de projets, elle s’engage souvent sur des montants importants et sur le long terme. »

La chapelle du Saint-Sépulcre : un sauvetage inespéré

La chapelle du Saint-Sépulcre, propriété de la confrérie des Pénitents bleus, a bénéficié d’une aide de 50 000 euros de la part de ces fondations, contribuant à la restauration d’une cloche. Lucien Mari, trésorier de la confrérie, témoigne : « J’ai été ahuri par leur confiance. Les fondations nous ont donné l’argent avant le début des travaux parce qu’elles savaient que, sans ça, nous étions bloqués. » Ce financement a été crucial pour débloquer le projet, dont le coût total s’élève à environ 1,4 million d’euros.

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Le financement public majoritaire

Dans le cas de la chapelle, les pouvoirs publics ont pris en charge la quasi-totalité des travaux : la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) a contribué à hauteur de 38 %, le Département des Alpes-Maritimes 33 %, la Ville de Nice 16 %, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur 7 %, et les mécènes privés 4 %. Le reste a été assumé par la confrérie elle-même. Ce modèle illustre la complémentarité entre fonds publics et privés.

La villa E-1027 : un appel à la diaspora irlandaise

À l’est du département, l’association Cap Moderne, présidée par Michael Likierman, a participé à la restauration de la villa E-1027, conçue par Eileen Gray et Jean Badovici, ainsi que du jardin de Serre de la Madone à Menton. Face à un besoin de 6 millions d’euros, Michael Likierman a fait appel à la diaspora irlandaise : « Eileen Gray était une designeuse irlandaise de renom. La seule que l’Irlande a jamais produite. Les Irlandais en sont très fiers. » Il s’est rendu en Irlande pour expliquer que « la maison d’une de leurs institutions nationales est en danger, risque de disparaître et qu’ils peuvent la sauver. Ça a fonctionné. »

Un cadre juridique favorable

Maximilien Marxer et Michael Likierman insistent sur l’importance du cadre juridique français : « Les entreprises - et les particuliers - peuvent, sous certaines conditions prévues par le droit français, bénéficier d’une réduction fiscale significative sur les montants versés. » Ce dispositif encourage le mécénat, essentiel pour un patrimoine « extraordinairement riche » que l’État ne peut entretenir seul. « La philanthropie a donc un rôle complémentaire essentiel à jouer pour soutenir des domaines qui ne sont pas toujours considérés comme prioritaires d’un point de vue budgétaire, mais qui demeurent fondamentaux pour notre société », ajoute Maximilien Marxer, citant la culture, le patrimoine ou la transmission historique.

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