Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a maintenu sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 tout en défendant l'union de la gauche, lors des universités d'été de son parti qui se sont ouvertes ce jeudi 20 août à Grenoble. La candidate écologiste se trouve sur une ligne de crête, tiraillée entre les appels de la France Insoumise (LFI) et ceux du Parti socialiste (PS) et de Place publique.
Une candidature autonome malgré les pressions
À huit mois de la présidentielle, Marine Tondelier a affirmé qu'elle ne voyait pas pourquoi elle cesserait d'être candidate, comme elle l'a déclaré dans la Tribune Dimanche. Elle souligne que la crise climatique d'une ampleur sans précédent qu'a connue la France cet été montre le besoin d'écologie dans la campagne présidentielle. Selon elle, elle est la seule à pouvoir représenter l'union de la gauche, car Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann sont devenus les symboles des gauches irréconciliables.
Les Insoumis, forts de leur avance sondagière avec environ 15 % des intentions de vote, font pression pour que les Verts se rallient à la candidature Mélenchon, au risque sinon de ne pas avoir d'accords aux législatives, ce qui mettrait en difficulté de nombreux députés écologistes sortants.
Des divisions internes chez les Écologistes
En interne, les Écologistes sont divisés. Une partie des militants est favorable à un rapprochement avec LFI, partageant leurs aspirations radicales. C'est notamment le cas de la députée Sandrine Rousseau et du président du conseil fédéral du parti, Waleed Mouhali. La présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a également fait un pas vers les Insoumis en appelant à rouvrir des discussions avec eux, et pas seulement avec le PS.
D'un autre côté, une partie des Écologistes penche nettement du côté du PS et de Raphaël Glucksmann, qui devrait se déclarer très prochainement. Yannick Jadot, par exemple, déplore un "non-choix pour conserver une unité qui n'est plus que de façade". Les deux camps pressent Marine Tondelier de renoncer à sa candidature autonome et de choisir à qui se rallier.
Un appel à l'union sans exclusive
Lors de son discours de fin de journée, Marine Tondelier a appelé une nouvelle fois tous les responsables de son bord politique, "sans exclusive", à des rencontres bilatérales pour "trouver les convergences qui doivent pouvoir nous rassembler". Elle a martelé que pour "conjurer la chronique d'une défaite annoncée", personne à gauche ne peut gagner seul. "Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l'extrême droite", a-t-elle écrit à ses partenaires, les invitant à construire "une dynamique fédératrice de forces de gauche et écologistes" autour d'un projet commun.
La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, et le patron des sénateurs Écologistes, Guillaume Gontard, ont également appelé à l'union, invitant à s'inspirer de l'exemple grenoblois aux municipales. Cyrielle Chatelain a ajouté : "J'espère que dans un an on pourra dire qu'elle aura permis de changer le pays."
Des refus et des soutiens
Malgré cet appel, Delphine Batho, la patronne du petit parti Générations Écologie, a décliné l'invitation de Marine Tondelier, jugeant que la tâche de l'écologie politique "ne se réduit pas à faire barrage à l'extrême droite, ni à être une simple composante d'une alliance" au modèle "économique et social destructeur".
En revanche, Marine Tondelier devrait pouvoir compter sur le soutien d'Olivier Faure, le patron du PS, lui aussi grand partisan de l'union de la gauche, dont la venue est annoncée pour vendredi. Les socialistes ont toutefois refusé l'idée d'une primaire ouverte avec les Verts pour la présidentielle, préférant opter pour une primaire plus restreinte avec Place publique.



