Une élection municipale sous haute tension à Saint-Denis-d'Oléron
La commune de Saint-Denis-d'Oléron vit actuellement des heures décisives avec l'élection de son prochain maire. Le départ de Joseph Huot, le maire sortant qui a choisi de ne pas se représenter, a ouvert une bataille électorale particulièrement serrée et animée. Dimanche, les électeurs devront trancher entre trois candidats dont les scores sont extrêmement rapprochés, avec un écart de seulement quarante voix. Cette situation inédite crée une atmosphère de compétition intense où rumeurs et accusations fusent de toutes parts, alimentant les débats sur les réseaux sociaux et dans la vie locale.
Fabienne Ford, la surprise du premier tour
Arrivée en tête au premier tour avec 35,47% des voix, soit 348 suffrages, Fabienne Ford a créé la surprise. Cette ancienne infirmière de bloc opératoire, installée depuis six ans dans le bourg de Chassiron, avoue elle-même son étonnement face à ce résultat. « Je ne l'explique pas moi-même. Je propose des choses qui sont réalistes », confie-t-elle. Se décrivant comme « madame tout le monde » et « maman de quatre grands garçons », elle mise essentiellement sur la proximité avec les habitants. « Les gens de Saint-Denis aiment pouvoir exprimer leurs besoins », affirme la candidate, qui promet de continuer à « battre le pavé » avec son équipe. Pour elle, la mission du maire est claire : « Le rôle du maire c'est de s'occuper des gens ».
Les réactions des autres candidats
Cette percée inattendue de Fabienne Ford irrite profondément Jérôme Bouilly, arrivé troisième avec 31,60% des voix (310 suffrages). L'actuel conseiller municipal d'opposition dénonce l'influence du mari de la candidate, Dominique Ford, médecin généraliste sur la commune. « C'est totalement déloyal ! », s'insurge-t-il, pointant du doigt la vente à perte du cabinet médical à ce dernier par la municipalité. Dans un post Facebook, il précise : « La commune a fait le choix de vendre à perte le cabinet médical au docteur Dominique Ford, afin de lui permettre de s'y installer durablement et d'assurer la continuité des soins sur le long terme. Il n'y a donc aucune crainte de le voir quitter la commune ». Jérôme Bouilly exprime également son exaspération face aux rumeurs circulant sur sa vie privée : « On ne peut faire campagne en répandant des rumeurs sur la vie privée des candidats, ça ne se fait pas ! ».
Alain Bosi, arrivé deuxième avec 32,93% des voix (323 suffrages), tente quant à lui de garder son calme. Ce chef d'entreprise de 56 ans, issu du BTP et président de l'association des commerçants, regrette l'instrumentalisation du dossier sensible de l'accès à la plage du camping de Soubregeon. Le maire sortant avait lancé un projet de clôture après une série de vols, mais des riverains, ne voulant pas perdre cette voie d'accès, ont monté un collectif et une pétition. Alain Bosi estime que l'action publique ne doit pas être dévoyée et a répondu sur ce sujet via Facebook, se montrant intransigeant : « On ne doit pas répondre positivement à certaines sollicitations d'associations pour obtenir des votes, car ce qui devrait primer, ce sont les intérêts de la commune et non pas les intérêts particuliers ». Il espère convaincre dimanche les électeurs qui ont « vraiment à cœur l'avenir de la commune ».
Une campagne marquée par les tensions
La campagne de l'entre-deux-tours bat son plein à Saint-Denis-d'Oléron, avec des esprits qui s'échauffent rapidement. Les trois candidats, séparés par un mouchoir de poche, multiplient les échanges parfois vifs, notamment sur les réseaux sociaux où les accusations et les contre-accusations se succèdent. Cette élection illustre les défis de la démocratie locale, où les enjeux de proximité et les relations personnelles peuvent peser lourd dans la balance. Les électeurs, quant à eux, suivent de près ces développements, conscients que chaque voix comptera dimanche pour déterminer l'avenir de leur commune.



