Décès d'Areski Belkacem, alter ego de Brigitte Fontaine, à 86 ans
Areski Belkacem, complice de Brigitte Fontaine, est mort

Chanteur, compositeur, musicien et comédien, Areski Belkacem était l'alter ego à la ville comme à la scène de Brigitte Fontaine. Cet artiste aux multiples facettes est décédé lundi à l'âge de 86 ans, a annoncé son attaché de presse Marc Chonier.

Une carrière discrète mais marquante

Appelé le plus souvent par son seul prénom, Areski n'a à son actif que trois albums en solo, écrits à plusieurs décennies de distance : Un beau matin (1970), Le triomphe de l'amour (2010) et Long courrier (2025). Percussionniste, guitariste et accordéoniste, il a néanmoins marqué la musique française. Pendant plus de cinq décennies, il a composé des musiques aux accents européens, orientaux et africains, sur des textes écrits par sa femme Brigitte Fontaine. Les deux ont souvent chanté en duo, leur complicité sur scène restant intacte au fil des ans.

Une longue amitié avec Jacques Higelin

Né en 1940 à Versailles de parents d'origine kabyle, Areski a débuté comme musicien dans les bals et les mariages, jouant les airs populaires de l'époque. Sa rencontre avec Jacques Higelin, lors du service militaire, a tout changé. Leur amitié, qui a duré jusqu'à la mort d'Higelin en 2018, a abouti en 1969 à un premier album commun. Surtout, Higelin lui a présenté Brigitte Fontaine, qui l'a aidé à épanouir son talent. Ensemble, avec Higelin et Rufus, ils ont monté au théâtre Lucernaire le spectacle Niok, réimprovisé chaque soir. « Je ne pense pas qu'il faille être angoissé pour créer, pas plus que Brigitte a besoin de souffrir pour créer », confiait Areski quelques années plus tard. En 1970, ils ont enregistré leur premier album, Comme à la radio, avec les jazzmen de l'Art Ensemble of Chicago.

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Des créations appréciées de Jean-Louis Trintignant

Les deux artistes chantaient l'amour, la guerre, la révolution et l'injustice, empruntant les chemins du slam ou de l'électronique, avec des titres surprenants (Conne, produit par Étienne Daho), hilarants (C'est normal), sombres et érotiques (Jungle pulse), ou décalés (Kékéland). « Il faut faire un effort pour les écouter, mais de cet effort, on est bien récompensé », disait d'eux Jean-Louis Trintignant.

Une vie d'artiste polyvalent

De son vrai nom Larezeki Belkacem, celui qui fut parfois qualifié de « prince consort de la chanson française » a également eu sa propre carrière artistique. Avec son fils Ali Belkacem, il a signé des musiques de films (A mort la mort de Romain Goupil en 1999, Jeunesse dorée de Zaïda Ghorab-Volta en 2001). Il a composé pour Georges Moustaki, Barbara, Sapho, et a joué dans deux films : Ça va ça vient de Pierre Barouh (1970) et Le grand soir (2011), où il interprétait le père de Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel. Brigitte Fontaine y incarnait évidemment la mère.

Un désir de gloire modeste

Interrogé sur d'éventuels désirs de gloire en solo, Areski répondait en 2025 à Télérama dans une rare interview : « Brigitte me posait des questions à ce sujet. Mais pour moi, chanter, jouer de la musique, être avec les amis, être content de faire une chose ensemble, c'est amplement suffisant ! »

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