En ces temps pré-présidentiels, la justice s'invite dans la compétition électorale. Marine Le Pen attend le 7 juillet pour savoir si elle pourra se représenter ou devra céder sa place à son dauphin Bardella. La cour d'appel se prononcera sur sa peine de première instance : quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d'inéligibilité. Fort heureusement, la justice ne se laisse pas impressionner par l'enjeu.
Trois candidats aux mains des juges
Un nouveau dossier judiciaire fait surface : Dominique de Villepin, sur lequel le parquet financier ouvre une enquête pour suspicion de recel de détournement de fonds publics. Ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, il a reçu d'un chef d'État africain et d'un industriel italien une statuette et un buste d'une valeur de 75 000 et 50 000 euros. Il a rendu ces objets récemment et confessé son erreur, mais le parquet ne se contente pas de cette contrition et examine l'affaire de plus près.
Ensuite, Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, est mis entre les mains d'un juge d'instruction à la demande du parquet national financier. Il est soupçonné de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d'intérêt. Maire du Havre, il aurait confié la gestion de la Cité numérique de la ville à une association dont la présidente est aussi son adjointe, avec une subvention de plus de deux millions d'euros. Philippe a été entendu et son bureau perquisitionné, mais il affiche une sérénité totale. Fort heureusement, la justice ne s'en contente pas.
La douleur intime de Mélenchon
Trois candidats, trois aux mains de juges. Et Jean-Luc Mélenchon ? Lui, personne n'en veut. Depuis 2017, il est visé par une enquête de l'Office européen de lutte antifraude pour avoir utilisé deux de ses assistants parlementaires au profit de son activité politique en France, alors qu'il était député européen entre 2009 et 2017. Le préjudice est évalué à 500 000 euros. Exactement les mêmes faits que ceux reprochés à Marine Le Pen, mais son instruction à lui reste en cours, sans qu'il ait jamais été entendu. Dix ans que cela dure. Pourquoi ce traitement discriminatoire ?
Reconnaissons à Jean-Luc Mélenchon son sens de la justice sociale, de l'égalité. C'est à lui que l'on inflige ce sort humiliant. Son silence en dit long sur sa douleur intime. Pire, même François Bayrou, qui n'est plus candidat, n'en a pas fini avec l'affaire des attachés parlementaires européens. Le parquet financier a fait appel de sa relaxe. La cour d'appel le jugera du 9 septembre au 5 octobre. Voilà une justice qui tient debout, mais qui n'aime pas Mélenchon. Destitué de ce champ judiciaire, victime maltraitée, il est condamné à faire campagne en morne plaine.



