Jeunes oubliés des réformes : colère et promesses en campagne
Jeunes oubliés des réformes : colère et promesses

Depuis dix ans, aucune réforme majeure n'a été menée en faveur de la jeunesse en France. Les lycéens et désormais les étudiants, à l'instar des « gilets jaunes » en leur temps, n'ont trouvé d'autre moyen d'expression que de brûler des poubelles devant leurs établissements. Face à cette colère, les candidats à l'élection présidentielle de 2027 multiplient les promesses, mais les mesures concrètes tardent à venir, laissant la génération Z dans l'angle mort de la pensée politique.

Des promesses présidentielles sans lendemain

Emmanuel Macron a souvent évoqué les difficultés de la génération née entre 1990 et 2010. Il s'est inquiété de leur santé mentale, déclarée grande cause nationale en juin dernier. Il s'est également ému de leurs conditions d'hébergement, promettant dès 2017 la construction de 60 000 logements étudiants. Pourtant, en juin 2024, le Président a reconnu : « sur l'accès au logement des jeunes, nous n'avons pas assez avancé, notre réponse a été trop timide ».

En 2019, après l'immolation d'un jeune homme devant un Crous à Lyon, il avait compati : « Ce geste nous rappelle, sans nous les faire découvrir, les difficultés de la vie étudiante […], pour se loger, se chauffer, parfois se nourrir ». Malgré ces déclarations, les aides au logement (APL) ont été réduites et le seront encore dans le budget 2027. Le repas à un euro, imposé par la gauche, n'a été voté que par une seule députée macroniste, Violette Spillebout.

Une campagne qui ignore les jeunes

Jeudi encore, pour répondre à la colère lycéenne, Sébastien Lecornu a promis des aides… aux agriculteurs, illustrant le peu de considération pour les préoccupations de la jeunesse. Les candidats à la présidentielle ne sont guère plus en pointe sur le sujet. Dans son discours du 5 juillet, porte de la Chapelle, Édouard Philippe a évoqué le sort des enfants : « Et comme des millions de parents, je m'interroge sur la manière dont notre société traite ses enfants. Dont elle les protège, les prépare, dont elle leur accorde ou non, la priorité. Et ce que je vois me consterne souvent et me révolte d'autant plus. Parce que chaque fois qu'il faut choisir, nous sacrifions l'avenir ! À chaque fois […] On coupe dans les dépenses d'avenir : apprentissage, insertion des jeunes, recherche, innovation, environnement. Notre école décline ? Plus personne ne le nie, mais personne n'avance si ce n'est pour proposer des gadgets. »

Lorsque la jeunesse est évoquée, c'est souvent en termes de contrainte. Gabriel Attal a défendu l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et l'interdiction du portable au lycée. Lors de son meeting à Lyon le week-end dernier, il a fait de nombreuses propositions, mais sous la pression des manifestations.

Jean-Luc Mélenchon, seul à capter le vote des moins de 30 ans

La colère lycéenne pourrait-elle faire basculer une campagne dominée par les thèmes de l'immigration, des retraites ou de la dette ? Selon notre dernier sondage Odoxa, 45 % des moins de 24 ans s'apprêteraient à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen arrive en deuxième position avec 24 % de la même tranche d'âge. Pour la génération Z, les modérés n'existent pas.

Jean-Luc Mélenchon semble être le seul à parler au cœur des moins de 30 ans. Depuis des années, son mouvement a investi les réseaux sociaux pour aborder des sujets comme l'insalubrité des logements étudiants, la revalorisation des APL, la précarité menstruelle, l'écologie ou encore la dégradation des bâtiments scolaires. Il n'est donc pas étonnant que les députés LFI soient comme chez eux devant les lycées, là où la colère s'exprime.