Jean-Pierre Giran sort du silence avec un « petit livre » secret
Jean-Pierre Giran sort du silence avec un livre secret

Jean-Pierre Giran, ancien maire d'Hyères et ex-président de la Métropole de Toulon, sort du silence après sa défaite aux municipales de mars 2026. Dans un « petit livre » de 52 pages intitulé Mea culpa !, sous-titré « Autopsie d'une défaite sans appel », il analyse les raisons de son échec, qu'il qualifie dès le deuxième paragraphe d'« échec cuisant ». Distribué de manière strictement privée à quelques proches, cet ouvrage a été consulté par nos soins.

Un bilan pour rien ?

Pour Jean-Pierre Giran, la cause principale de sa non-réélection est « le rejet du candidat principal » : lui-même. Il écrit : « On n'est pas élu sur un bilan, car j'ai la faiblesse de penser que, si tel était le cas, l'élection aurait davantage ressemblé à un plébiscite qu'à un désastre ». Il dresse ensuite une liste non exhaustive de ses réalisations et récompenses depuis 2014. Il loue son équipe de campagne, « la plus brillante, dynamique et mobilisée » en quarante ans de vie publique, et oppose sa ligne de conduite, sans malveillance ni comptes anonymes sur les réseaux sociaux, à celle de sa rivale Véronique Bernardini, qu'il ne nomme pas.

Des défauts, mais pas de dauphin

Ce professeur agrégé de sciences économiques reconnaît ses torts : « J'ai parlé à Hyères ; il fallait parler aux Hyérois », « J'ai agi sans comprendre que la politique n'est pas un exercice solitaire ». Il admet ses « comportements intransigeants » et son « penchant élitiste flirtant parfois avec le narcissisme ». Quant à la succession, à 79 ans, il affirme avoir essayé de convaincre plusieurs colistiers, mais avoue un « manque d'envie » et « une certaine usure ». Il révèle avoir écrit une lettre de renoncement avant de finalement se représenter.

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Une opération de destruction massive

Jean-Pierre Giran se dit victime d'« une vague de dégagisme » dans le Var, citant d'autres élus battus ou condamnés. Il dénonce le blog satirique du Gabian déchaîné et d'autres sites de désinformation, parlant d'« opération de destruction massive » et de « harcèlement », comparable à celui subi par Brigitte Macron. Il fustige « l'esprit de revanche » de ses opposants.

Critiques voilées et projets

Sans la nommer, il décrit Véronique Bernardini comme « plus rusée qu'on ne la croit », « drapée dans des habits recherchés, arborant un sourire magnifique ». Lui-même se dépeint avec un « visage austère », une « réserve permanente » et un « mauvais caractère ». Il égratigne son ex-directeur de cabinet Grégory Audibert, « deus ex machina de la trahison », et son ex-adjoint à la culture François Carrassan. Il critique aussi les électeurs, sujets à « l'amnésie », et s'interroge sur l'importance de la forme en politique, en référence à la présidentielle et à Jordan Bardella : « Peut-on résumer une élection à un casting ? »

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