Raffaele Simone : Rome se dévégétalise quand Paris reverdit
Raffaele Simone : Rome se dévégétalise quand Paris reverdit

Dans une tribune publiée le 1er août 2026, le philosophe et linguiste italien Raffaele Simone oppose deux capitales européennes : Paris, qui se végétalise, et Rome, qui, selon lui, se dévégétalise et se couvre de travertin brûlant.

Un constat contrasté

Dans cette tribune, Raffaele Simone s'inquiète de l'évolution urbaine de Rome. Il note que la ville éternelle perd progressivement ses espaces verts et que les pavés de travertin, une pierre calcaire claire, remplacent les anciennes surfaces végétalisées. À l'inverse, Paris s'engage résolument dans une politique de végétalisation, avec des rues piétonnes, des arbres plantés sur les quais et des toits végétalisés.

Le travertin, un matériau qui chauffe

Le philosophe explique que le travertin, très présent dans l'architecture romaine, a un fort pouvoir calorifique. Frappé par le soleil, il emmagasine la chaleur et la restitue pendant la nuit, créant des îlots de chaleur urbains. Il ajoute que ce matériau imperméable empêche l'eau de s'infiltrer dans les sols, ce qui aggrave les problèmes de ruissellement lors des fortes pluies.

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Les conséquences sur la vie des Romains

Selon Raffaele Simone, cette minéralisation a un impact direct sur le confort des habitants. Les vagues de chaleur sont plus durement ressenties dans les zones pavées, sans ombre ni fraîcheur. Les arbres, rappelle-t-il, jouent un rôle clé dans la régulation des températures, et leur disparition fragilise les écosystèmes urbains. Il cite l'exemple de certaines places romaines où il devient impossible de marcher pieds nus en été, tellement le pavé est chaud.

Paris, un contre-exemple inspirant

Le philosophe salue les efforts de Paris, qui a réussi à réduire la place de la voiture et à rendre des espaces aux piétons et à la nature. Il estime que la capitale française montre qu'une transition est possible, à condition de repenser les priorités urbaines. Il appelle les élus romains à s'inspirer de ces expériences et à opérer un retour au végétal.

Un enjeu de civilisation

Pour Raffaele Simone, le choix de la pierre ou de l'arbre ne relève pas seulement de l'esthétique, mais d'un choix de civilisation. Il reproche aux politiques urbaines de privilégier une vision patrimoniale figée, au détriment des enjeux contemporains comme le changement climatique. Il plaide pour une alliance entre mémoire et innovation, afin de faire de Rome une ville vivante et résiliente.

Dans sa tribune, Raffaele Simone rappelle que la végétalisation ne se limite pas à un simple embellissement. Les arbres participent à la captation du CO2, à la filtration des particules fines et à la réduction du bruit. En les supprimant, les villes perdent leurs boucliers naturels contre la pollution et les canicules.

Il évoque également l'impact social de la minéralisation. Les espaces verts sont des lieux de rencontre et de convivialité. Leur disparition prive les habitants, en particulier les plus modestes, d'espaces de respiration. Pour lui, la dévégétalisation de Rome est donc un marqueur d'injustice environnementale.

Ce texte, publié le 1er août 2026 sur le site du Monde, a suscité de nombreux débats dans les milieux urbains italiens. Certains urbanistes romains ont d'ailleurs réagi en soulignant les projets de renaturation en cours, tandis que d'autres reconnaissent le retard accumulé par rapport à d'autres métropoles.

Au-delà de Rome, ce texte invite les grandes villes à réfléchir à leur rapport au sol. Entre patrimoine et futur, la nature doit retrouver toute sa place dans l'espace public, conclut Raffaele Simone.

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