Darmanin prédit un second tour Mélenchon contre Le Pen ou Bardella
Darmanin : second tour Mélenchon contre Le Pen ou Bardella

« Aujourd’hui, je pense que le second tour, c’est M. Mélenchon contre Mme Le Pen ou M. Bardella, et je pense qu’il faut, comme on dit dans le Nord et à Tourcoing, être bouché à l’émeri pour ne pas le voir. » Ainsi s’est exprimé Gérald Darmanin, mercredi matin, sur France Inter.

Le garde des Sceaux est revenu à plusieurs reprises sur la probabilité d’une telle configuration. Avant de prononcer cette phrase mémorable sur ces responsables politiques « bouchés à l’émeri », qui se précipitent sur la ligne de départ sans voir plus loin que le bout de leur ambition personnelle, il s’est appliqué à souligner les faiblesses de son camp :

« Ce qui m’inquiète, c’est notre incapacité à avoir un discours d’unité, mais surtout à avoir des idées. C’est un peu inquiétant. »

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Autrement dit, pour Gérald Darmanin, tous les prétendants, dans ce large spectre qui va de Bruno Retailleau à Raphaël Glucksmann, porteront une part de responsabilité s’ils ne parviennent pas à l’unicité de candidature.

Cette dernière configuration est pour lui la seule solution « si on ne veut pas que ce soit un duel entre M. Bardella et M. Mélenchon », a-t-il dit avant d’ajouter : « Je pense que ce serait absolument terrible pour la France. »

L’insoutenable légèreté des candidats

Ce qu’il déplore, c’est en quelque sorte l’insoutenable légèreté des candidats. Pas de ceux du RN et de LFI, mais de tous les autres :

« L’élection présidentielle est sans doute la plus importante que nous allons vivre depuis au moins 30 ou 40 ans. Je crois qu’on voit bien que le Rassemblement national peut gagner cette élection présidentielle. Je pense que M. Mélenchon est un candidat extrêmement sérieux qui fera un score extrêmement important ».

Une manière de dramatiser que de présenter ainsi le chef insoumis ? Sûrement un peu. Mais c’est aussi une affirmation issue d’une analyse politique circonstanciée.

Mélenchon, un habitué de la remontada

Par deux fois, pour 2017 et 2022, un an environ avant le scrutin, Jean-Luc Mélenchon était testé par les sondages entre 9 à 11 %. Il l’est aujourd’hui à 12 %. Il part donc de plus haut que par le passé, malgré ses débordements à caractère antisémite notamment.

Par deux fois, à partir de cette prédiction modeste, il a fait la démonstration de sa capacité à rassembler, à rassurer, à se présenter comme le vote utile à gauche, en changeant de discours, de langage corporel, une fois sa candidature officiellement annoncée.

C’est ce qu’il fait cette fois-ci encore, se maquillant en angelot démocrate sur TF1 ou sur les réseaux sociaux, assurant par exemple que toute sa volonté sera tendue vers le fait de permettre aux Français de « former un seul peuple ».

Un seul peuple, peut-être, mais un peuple qui le rejette très majoritairement, si l’on en croit notamment une récente enquête d’Ipsos-BVA. 81 % des personnes interrogées répondent qu’elles seraient mécontentes (et 70 % « très mécontentes ») si Jean-Luc Mélenchon accédait à la présidence de la République. C’est quand même compliqué d’être élu, et même d’accéder au second tour dans ces conditions. À moins que les électeurs aient la mémoire (trop) courte.

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