Démission de Tulsi Gabbard : recul des voix anti-guerre dans l'administration Trump
Tulsi Gabbard quitte l'administration Trump

Le retrait de Tulsi Gabbard marque un nouveau tournant dans l'administration Trump. Officiellement, l'ancienne directrice du renseignement national (DNI) a quitté ses fonctions pour des raisons familiales, après l'annonce du cancer de son mari. Mais à Washington, sa démission est surtout interprétée comme le symptôme d'un recul progressif des voix anti-guerre dans l'entourage du président américain.

Un départ dans un contexte de tensions

Le 22 mai, Tulsi Gabbard a rejoint la liste grandissante des hauts responsables ayant quitté l'administration ces derniers mois, après notamment le secrétaire à la Sécurité intérieure, le procureur général ou encore le secrétaire au Travail, énumère The Economist. Une série de départs qui intervient alors que Donald Trump envisage une nouvelle escalade militaire contre l'Iran.

Le parcours de Tulsi Gabbard

Tulsi Gabbard incarnait précisément l'une des rares figures ouvertement hostiles aux interventions militaires américaines au sein du camp MAGA. Ancienne militaire, ex-élue démocrate d'Hawaï, candidate à la primaire démocrate de 2020, elle s'était notamment fait connaître pour ses positions contre les guerres au Moyen-Orient et ses slogans appelant à éviter un conflit avec Téhéran. Après avoir quitté le Parti démocrate en 2022, elle s'était progressivement rapprochée de Donald Trump jusqu'à rejoindre officiellement le Parti républicain en 2024, selon The Economist.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une influence limitée

Créée après les attentats du 11 septembre pour coordonner les dix-huit agences de renseignement américaines, la fonction de directeur du renseignement national est censée faire de son titulaire l'un des principaux conseillers stratégiques du président, résument nos confrères du Point. Sauf que Tulsi Gabbard aurait été progressivement écartée des grandes décisions sécuritaires et diplomatiques. Son manque d'expérience dans le renseignement revenait régulièrement dans les critiques internes. À Washington, beaucoup considéraient que le "véritable centre de gravité du renseignement américain" se situait désormais du côté de la CIA et de son directeur, John Ratcliffe, toujours selon l'hebdomadaire.

Son départ est aujourd'hui analysé comme une nouvelle illustration du recul de l'aile "anti-guerre" du trumpisme. En mars dernier, Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et proche de Tulsi Gabbard, avait quitté ses fonctions pour protester contre l'offensive américaine contre l'Iran.

Marco Rubio et J.D. Vance : deux visions contraires

À l'inverse, les responsables défendant une ligne plus dure semblent gagner du terrain auprès du président américain. Le secrétaire d'État Marco Rubio apparaît désormais comme l'un des principaux soutiens de la stratégie offensive de Donald Trump, notamment sur l'Iran et Cuba. Face à lui, le vice-président J. D. Vance continue d'incarner une approche plus prudente et sceptique vis-à-vis des engagements militaires prolongés comme le rappelait L'Express.

Cette rivalité dépasse largement le seul dossier iranien. Elle cristallise des fractures de plus en plus visibles au sein du camp trumpiste sur les questions internationales — et pourrait aussi peser dans la bataille pour la succession de Donald Trump. Les deux hommes sont régulièrement présentés comme des héritiers potentiels du président américain, à un moment où le Parti républicain commence déjà à réfléchir à l'après-Trump.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale