La relation entre la France et l'Algérie se tend un peu plus. Ce jeudi 7 août 2025, l'Algérie a critiqué la France après la suspension d'un accord facilitant les voyages pour certains diplomates. Ce nouveau conflit s'ajoute à une série de désaccords autour du Sahara occidental, des visas et de la situation de ressortissants détenus.
L'Algérie accuse la France de se dérober à ses responsabilités
L'Algérie a accusé ce jeudi 7 août 2025 la France de s'exonérer « de ses responsabilités » dans la crise bilatérale, et a annoncé, dans un communiqué officiel, la dénonciation de l'accord sur l'exemption des visas au profit des titulaires de passeports diplomatiques et de service. Cet accord avait été suspendu la veille par Paris. Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, la lettre dans laquelle le président français Emmanuel Macron annonce cette suspension « exonère la France de l'intégralité de ses responsabilités et fait porter tous les torts à la partie algérienne. Rien n'est plus loin de la vérité et de la réalité ».
Une crise sans précédent depuis l'été 2024
Les relations entre Paris et Alger traversent depuis l'été 2024 une crise sans précédent, déclenchée par la reconnaissance par la France d'un plan d'autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. Ce territoire est disputé depuis cinquante ans entre le Maroc et les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.
Visas, détenus et diplomatie en berne
Dans une lettre adressée mercredi à son Premier ministre François Bayrou, Emmanuel Macron a prôné « plus de fermeté » à l'égard de l'Algérie, critiquant l'inflexibilité d'Alger sur les questions migratoires et la détention de deux ressortissants français que Paris juge arbitraire. Concernant l'accord d'exemption de visas, Alger souligne que « c'est la France, elle seule, qui a été à l'origine d'une telle demande. En décidant la suspension de cet accord, la France offre à l'Algérie l'opportunité d'annoncer la dénonciation pure et simple de ce même accord ». Pour les autorités algériennes, depuis le début de la crise liée au Sahara occidental, la France a « procédé par injonctions, ultimatums et sommations ».
Qu'est-ce que le « visa-réadmission » ?
Dans sa lettre, Emmanuel Macron appelle également son gouvernement à utiliser le levier « visa-réadmission », qui permet de suspendre la délivrance de visas de long séjour aux citoyens d'un pays jugé peu coopératif dans le retour de ses ressortissants en situation irrégulière. Le président français justifie ce durcissement par la situation de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison ferme notamment pour « atteinte à l'unité nationale », et du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ».
Un espoir de relations équilibrées ?
Emmanuel Macron a toutefois précisé que son « objectif reste de retrouver des relations efficaces et ambitieuses avec l'Algérie ». Jeudi 7 août 2025, François Bayrou a de son côté affirmé que la France « n'est pas dans l'esprit d'un affrontement perpétuel » avec Alger, et qu'il espère « retrouver un jour des relations équilibrées et justes ».



