Le gouvernement a discrètement supprimé le poste d’ambassadrice pour l’égalité entre les femmes et les hommes, occupé depuis 2021 par Bénédicte Rougé. Cette décision, prise sans annonce officielle, a été révélée par Libération le 24 juillet 2025. Le poste, créé en 2019 sous Emmanuel Macron, visait à coordonner la diplomatie française en matière de droits des femmes à l’international.
Une suppression sans remplacement
Selon les informations obtenues, Bénédicte Rougé n’a pas été remplacée après son départ. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas communiqué sur les raisons de cette suppression. Interrogé, le Quai d’Orsay a indiqué que les missions liées à l’égalité femmes-hommes seraient désormais intégrées dans les actions des ambassadeurs thématiques existants, sans précision supplémentaire.
Une décision critiquée par les associations
Plusieurs organisations féministes ont dénoncé cette suppression. « C’est un signal désastreux envoyé à la communauté internationale, alors que la France se veut leader sur ce sujet », a déclaré Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes. Selon elle, cette décision intervient dans un contexte de recul des droits des femmes dans plusieurs pays, où la diplomatie française jouait un rôle clé.
Un poste pourtant stratégique
Créé en 2019, le poste d’ambassadeur pour l’égalité femmes-hommes avait été confié successivement à Delphine O (2019-2021) puis à Bénédicte Rougé. Leur mission incluait la promotion de l’éducation des filles, la lutte contre les violences faites aux femmes et le soutien aux associations locales. En 2023, la France avait consacré 120 millions d’euros à des projets d’égalité de genre, selon un rapport du ministère. La suppression de ce poste pourrait affecter le suivi de ces engagements.
Un silence gouvernemental
Le gouvernement n’a pas commenté officiellement. Matignon et l’Élysée n’ont pas répondu aux sollicitations. Cette absence de communication a suscité l’incompréhension des ONG, qui y voient une « régression » dans la politique étrangère française. « Nous demandons au président de revenir sur cette décision », a ajouté Anne-Cécile Mailfert.



