Viktor Orban, l'ancien Premier ministre hongrois battu aux élections législatives d'avril dernier après 16 ans au pouvoir, accuse le nouveau gouvernement de Péter Magyar de bafouer la démocratie. Dans un message publié mardi soir sur Facebook intitulé "Déclaration de résistance", il a déclaré : "L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie. Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...). Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement."
Perquisition au Fidesz et enquête pour détournement de fonds
Cet appel intervient peu après une perquisition dans les locaux du Fidesz. Viktor Orban a précisé mercredi 22 juillet que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti. Le parquet a indiqué à Reuters que cette perquisition s'inscrivait dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.
Départs majeurs et accusations de dérive autoritaire
Dans son message, Viktor Orban a affirmé que la Hongrie avait "cessé d'être un État démocratique" après l'adoption par le Parlement, désormais dominé par le parti Tisza du Premier ministre Péter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'État et du président de la Cour constitutionnelle, deux alliés d'Orban. Samedi, le président Tamas Sulyok a signé cet amendement mettant fin à sa propre présidence ainsi qu'au mandat de Péter Polt.
Le procureur général de Hongrie, Gabor Balint Nagy, a annoncé mercredi sa démission, effective le 25 août prochain. Nommé par le Parlement alors dominé par le Fidesz en juin 2025 pour un mandat de neuf ans, il a déploré dans un communiqué : "Récemment, l'organisation que je dirige a été soumise à une série d'attaques à travers ma personne, bien au-delà du cadre des débats professionnels et publics acceptables."
Popularité du Tisza et déclin du Fidesz
Le parti Tisza dément toute dérive autoritaire et affirme lutter contre la corruption, qu'il présente comme endémique sous l'ère Orban, accusation rejetée par ce dernier. Tisza dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement, lui permettant de réformer à sa guise et d'abroger de nombreuses mesures du Fidesz jugées néfastes pour la démocratie. Un sondage de l'institut Median publié ce mois-ci accorde 60 % d'avis favorables au Tisza, contre 18 % pour le Fidesz. Le parti d'Orban peine à se relever de sa défaite électorale, et le chef de son groupe parlementaire a démissionné la semaine dernière.
Viktor Orban a lui-même été régulièrement accusé durant ses années au pouvoir de ne pas respecter les normes démocratiques, ce qui lui a valu des conflits récurrents avec les institutions européennes et les autres pays de l'UE sur l'État de droit et les droits des minorités.



