ONU : vote crucial lundi sur une force internationale à Gaza
ONU : vote crucial lundi sur une force internationale à Gaza

Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce ce lundi sur une résolution américaine soutenant le plan de paix de Donald Trump pour Gaza, qui prévoit un cessez-le-feu et le déploiement d'une force internationale de stabilisation. Le texte, appuyé par plusieurs pays arabes, institue également un comité de transition présidé par Trump jusqu'en 2027. Moscou défend une résolution concurrente, mais un veto russe paraît peu probable face au large soutien arabe et à la pression diplomatique de Washington.

Un cessez-le-feu fragile à l'épreuve du vote

Le projet de résolution américaine, plusieurs fois modifié lors de négociations sensibles, "endosse" le plan de Donald Trump ayant permis la mise en place, le 10 octobre, d'un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas dans le territoire palestinien ravagé par deux années de guerre. Ce conflit a été déclenché par l'attaque sanglante du Hamas du 7 octobre 2023.

Le texte, consulté par l'AFP, autorise la création d'une "force de stabilisation internationale" (ISF) chargée de sécuriser les frontières en coopération avec Israël et l'Égypte, de démilitariser Gaza, de désarmer les groupes armés non étatiques, de protéger les civils et de former une police palestinienne. La composition de cette force n'est pas précisée.

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Un Comité de la paix présidé par Donald Trump

La résolution donne mandat jusqu'au 31 décembre 2027 à un "Comité de la paix", organe de gouvernance de transition à Gaza, en attendant la réforme de l'Autorité palestinienne. Selon le plan en 20 points annexé au texte, ce comité doit être présidé par Donald Trump.

Contrairement aux versions antérieures, le projet évoque désormais l'éventualité d'un État palestinien. Après la réforme de l'Autorité palestinienne et la reconstruction de Gaza, "les conditions pourraient finalement être en place pour un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d'État", indique le texte. Une perspective clairement rejetée par Israël. "Notre opposition à un État palestinien sur quelque territoire que ce soit n'a pas changé", a insisté dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les objections russes et l'issue probable du vote

La Russie, qui a fait circuler un texte concurrent, estime que la résolution américaine n'est pas assez ambitieuse sur la solution à deux États. Le texte russe n'autorise ni le Comité de la paix ni le déploiement immédiat d'une force, demandant au secrétaire général de l'ONU de proposer des options.

Face à ce qu'ils qualifient de "tentatives de semer la discorde", les États-Unis ont intensifié leurs efforts pour obtenir le feu vert du Conseil. "Tout refus de soutenir cette résolution est un vote en faveur de la poursuite du règne des terroristes du Hamas ou de la reprise de la guerre avec Israël", a averti l'ambassadeur américain Mike Waltz. Washington a également mis en avant le soutien du Qatar, de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de l'Indonésie, du Pakistan, de la Jordanie et de la Turquie.

Plusieurs sources diplomatiques estiment qu'un veto russe est peu probable, malgré les critiques. "Les Russes savent que, même si beaucoup de membres du Conseil partagent des inquiétudes sur le contenu du texte, ils joueront le jeu des Américains", commente Richard Gowan, de l'International Crisis Group. "Il est plus probable que la Chine et la Russie s'abstiennent, expriment leur scepticisme, puis regardent les États-Unis se débattre pour mettre en œuvre le plan."

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