Expulsion de Xenia Fedorova : les médias de Bolloré montrés du doigt
Expulsion Fedorova : Bolloré interpellé

Le 26 juillet 2025, la France a expulsé Xenia Fedorova, figure de la propagande pro-Kremlin, après des mois de surveillance. Cette décision, annoncée par le ministère de l'Intérieur, a immédiatement relancé les critiques contre l'empire médiatique de Vincent Bolloré, accusé de donner une tribune à des discours similaires.

Une mesure inédite contre la désinformation

Xenia Fedorova, connue pour ses vidéos justifiant l'invasion de l'Ukraine, avait obtenu un visa touristique en 2023. Selon une source proche du dossier, elle aurait utilisé ce séjour pour enregistrer des contenus depuis Paris. L'expulsion, effective le 26 juillet, a été justifiée par "la menace pour l'ordre public et les intérêts fondamentaux de la nation".

Cette action s'inscrit dans un contexte de durcissement : depuis 2022, la France a expulsé au moins 12 propagandistes russes, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Une hausse de 40 % par rapport à la période précédente.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Bolloré dans le viseur des critiques

L'affaire a ravivé les accusations contre les médias du groupe Bolloré — CNews, Europe 1, Le Journal du Dimanche — accusés de normaliser des thèses conspirationnistes. "Comment lutter contre la propagande russe quand certains de nos propres médias en épousent les codes ?", s'est interrogé l'ancien ministre de la Culture Jean‑Noël Tronc dans une tribune. Selon un sondage Ifop de juin 2025, 62 % des Français estiment que CNews diffuse des informations non vérifiées.

Le député LFI Antoine Léaument a déposé une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire sur les pratiques du groupe. "Il ne s'agit pas de censure, mais de questionner la concentration des médias et leur impact démocratique", a‑t‑il déclaré à l'Assemblée.

Le gouvernement entre fermeté et prudence

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a défendu l'expulsion de Fedorova, mais a esquivé les questions sur Bolloré. "Chaque affaire est traitée au cas par cas. Nous ne faisons pas de procès d'intention", a‑t‑il répondu lors d'une conférence de presse. Ses propos n'ont pas apaisé les associations de journalistes, qui demandent une régulation plus stricte des chaînes d'information en continu.

Reporters sans frontières (RSF) a rappelé que la France occupe la 24e place mondiale en matière de liberté de la presse, mais que "les dérives éditoriales de certains médias posent un problème de fond".

Une onde de choc dans le paysage médiatique

L'expulsion de Fedorova a été largement commentée sur les réseaux sociaux, où le hashtag #BolloréDehors a été utilisé plus de 150 000 fois en 24 heures. Plusieurs intellectuels, dont l'essayiste Raphaël Glucksmann, ont appelé à un boycott publicitaire des médias du groupe. En réaction, le groupe Bolloré a publié un communiqué dénonçant "une instrumentalisation politique" et réaffirmant son attachement à "la liberté d'expression".

La question dépasse le cas individuel : elle interroge la capacité de la démocratie française à se défendre contre la désinformation sans céder à la censure. Alors que l'Union européenne prépare un nouveau règlement sur les plateformes numériques, l'affaire Fedorova pourrait servir de précédent.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale