Le Point a rencontré en exclusivité Edi Rama, le Premier ministre albanais, connu pour son style flamboyant et ses positions tranchées. Dans cet entretien, il aborde sans détour les défis de son pays, la question de l'adhésion à l'Union européenne et la lutte contre la corruption.
Un style politique hors norme
Ancien joueur de basket, artiste peintre et écrivain, Edi Rama assume son image d'« extravagant ». Il explique que son approche non conventionnelle de la politique est un atout pour moderniser l'Albanie. « Être différent, c'est une force dans un monde où les politiciens se ressemblent tous », affirme-t-il.
Le Premier ministre albanais insiste sur l'importance de la culture et de l'art dans la transformation de son pays. Il rappelle que Tirana a connu une véritable renaissance culturelle sous son mandat, avec la rénovation de nombreux espaces publics et la promotion de l'art contemporain.
La question européenne au cœur des priorités
Interrogé sur l'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne, Edi Rama se montre confiant mais réaliste. « Nous avons fait des progrès considérables, mais il reste du chemin à parcourir », reconnaît-il. Il souligne que son gouvernement a mis en œuvre des réformes majeures, notamment dans le domaine de la justice et de la lutte contre la corruption.
Selon lui, l'avenir de l'Albanie est indissociable de celui de l'Europe. « Nous sommes Européens par l'histoire, la culture et les valeurs. L'adhésion à l'UE est une question de destin », déclare-t-il avec conviction.
Lutte contre la corruption : un combat quotidien
Edi Rama admet que la corruption reste un problème majeur en Albanie, mais il assure que son gouvernement agit avec détermination. « Nous avons mis en place des mécanismes de contrôle stricts et nous poursuivons les responsables, quels qu'ils soient », affirme-t-il. Il cite l'exemple de la création d'une structure spécialisée, le Bureau national d'enquête, qui a permis de démanteler plusieurs réseaux criminels.
Le Premier ministre albanais reconnaît que les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes, mais il se dit convaincu que la persévérance finira par payer. « La corruption est un fléau qui ne se combat pas en un jour, mais nous sommes sur la bonne voie », conclut-il.



