Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, se rendra à Alger ce lundi 18 mai pour une visite de travail consacrée à la coopération judiciaire entre la France et l'Algérie. Cette visite intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre les deux pays, mais aussi de préoccupations concernant le sort de Christophe Gleizes, un ressortissant français détenu en Algérie depuis 2023.
Une visite sous le signe de la coopération judiciaire
Selon des sources proches du ministère de la Justice, M. Darmanin doit rencontrer son homologue algérien, Abderrachid Tabi, ainsi que d'autres hauts responsables algériens. Les discussions porteront principalement sur le renforcement de la coopération judiciaire bilatérale, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. La France souhaite également aborder la question des accords d'entraide judiciaire et d'extradition.
Cette visite intervient après plusieurs mois de relations tendues entre Paris et Alger, marquées par des différends sur la mémoire coloniale et la gestion des flux migratoires. Toutefois, les deux parties semblent déterminées à maintenir un dialogue constructif sur les questions de justice.
L'affaire Christophe Gleizes au cœur des préoccupations
Un point crucial de l'ordre du jour sera le cas de Christophe Gleizes, un Français de 51 ans arrêté en Algérie en mars 2023 et détenu depuis lors dans des conditions qui inquiètent sa famille et les autorités françaises. Accusé d'atteinte à la sécurité de l'État, il est soupçonné d'avoir transmis des informations sensibles à des services étrangers. Sa famille dénonce une détention arbitraire et des conditions de détention dégradantes.
La France a multiplié les démarches diplomatiques pour obtenir des éclaircissements sur son cas et demander un accès consulaire régulier. Gérald Darmanin devrait plaider pour un traitement rapide de son dossier et, si possible, pour son rapatriement en France. Le ministère des Affaires étrangères suit également ce dossier avec attention.
Un enjeu diplomatique majeur
Cette visite s'inscrit dans un effort plus large de normalisation des relations franco-algériennes. Après une période de froid diplomatique, les deux pays cherchent à renouer le dialogue sur des sujets d'intérêt commun. La coopération judiciaire est considérée comme un pilier important de cette relance.
Le ministre de la Justice sera accompagné d'une délégation de magistrats et de fonctionnaires. Aucune déclaration conjointe n'est prévue à ce stade, mais les discussions devraient aboutir à des engagements concrets sur les modalités de coopération future.
L'issue de cette visite sera scrutée de près, tant par les familles de Français détenus en Algérie que par les observateurs des relations bilatérales. La France espère que ce déplacement permettra de débloquer des situations individuelles tout en posant les bases d'une coopération judiciaire plus fluide et plus respectueuse des droits de la défense.



