Comores : la France condamne les menaces sur l'aide au développement
Comores : la France condamne les menaces sur l'aide

Le gouvernement comorien a officiellement dénoncé, ce mercredi, la menace formulée par la France de conditionner son aide au développement à une coopération migratoire renforcée. Dans un communiqué publié à Moroni, les autorités locales ont qualifié cette position d'« inacceptable » et de « contraire aux principes de solidarité et de respect mutuel » qui doivent régir les relations entre les deux pays.

Une réaction ferme de Moroni

Le ministère des Affaires étrangères comorien a exprimé sa « vive préoccupation » face à ce qu'il considère comme une « ingérence » dans les affaires intérieures du pays. Selon le communiqué, « la coopération bilatérale ne saurait être subordonnée à des considérations unilatérales » et « les Comores restent attachées à un dialogue constructif fondé sur l'égalité souveraine des États ».

Cette déclaration fait suite aux propos tenus par des responsables français, qui ont évoqué la possibilité de revoir les modalités de l'aide publique au développement en fonction de la capacité des Comores à lutter contre l'immigration irrégulière. Le gouvernement comorien a rappelé que « les flux migratoires sont un phénomène mondial qui nécessite des solutions concertées » et que « la France, en tant que partenaire historique, devrait privilégier la coopération plutôt que la coercition ».

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Un différend diplomatique aux enjeux multiples

Les relations entre la France et les Comores sont historiquement marquées par des contentieux territoriaux, notamment autour de Mayotte, département français de l'océan Indien que Moroni revendique. La question migratoire est particulièrement sensible dans cette région, où des milliers de Comoriens tentent chaque année de rejoindre Mayotte par voie maritime, souvent au péril de leur vie.

Selon les chiffres officiels, plus de 10 000 personnes ont été interceptées en 2023 lors de tentatives de traversée entre les Comores et Mayotte. Cette pression migratoire a conduit les autorités françaises à durcir leur position, en exigeant une coopération accrue de la part des autorités comoriennes en matière de lutte contre l'immigration clandestine.

Le gouvernement comorien a toutefois souligné que « la France doit reconnaître ses responsabilités historiques et sa part de responsabilité dans la situation actuelle ». Il a également appelé à « une refonte du partenariat » qui prendrait en compte les « intérêts légitimes des deux parties ».

Quelles conséquences pour la coopération bilatérale ?

Cette prise de position pourrait compliquer la tenue des prochaines rencontres bilatérales, notamment la commission mixte de coopération prévue dans les mois à venir. Les Comores figurent parmi les bénéficiaires de l'aide publique au développement française, qui s'élevait à environ 150 millions d'euros en 2022, selon les données du ministère des Affaires étrangères.

Les autorités comoriennes ont prévenu qu'elles n'accepteraient « aucune conditionnalité qui porterait atteinte à leur souveraineté nationale ». Elles ont également annoncé leur intention de saisir les instances régionales et internationales, notamment l'Union africaine et l'Organisation des Nations unies, pour faire entendre leur position.

En attendant, la société civile comorienne a exprimé son soutien à la position du gouvernement, estimant que « la dignité du peuple comorien ne saurait être marchandée ». Des manifestations de soutien sont prévues dans les prochains jours à Moroni et dans les autres villes de l'archipel.

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