Denis MacShane, ancien ministre chargé de l'Europe dans le gouvernement travailliste de Tony Blair au début des années 2000, exprime sa confiance en l'arrivée de son « ami » de quinze ans, l'ex-maire du Grand Manchester, au poste de Premier ministre du Royaume-Uni. Selon lui, Andy Burnham est une figure politique immédiatement reconnaissable pour quiconque suit la politique européenne, mais il est atypique pour un homme politique britannique, et plus particulièrement pour un travailliste.
Un profil multilingue et multiculturel
Burnham parle un espagnol correct, et son épouse Frankie, rencontrée à l'université, est néerlandaise et parle couramment le français. Cela contraste avec les élites politiques et médiatiques britanniques, presque toutes monolingues. Il est issu d'une famille catholique et rend hommage à la doctrine sociale de l'Église catholique, notamment l'encyclique Rerum Novarum de 1891 qui critiquait le capitalisme du XIXe siècle et prônait un traitement juste des travailleurs.
Un parcours académique et politique distinctif
Contrairement à la plupart des dirigeants travaillistes, Burnham n'a pas étudié le PPE (Philosophy, Politics and Economics) à Oxford, mais la littérature anglaise à Cambridge. Il a été élu député à 30 ans et a occupé des postes ministériels sous Tony Blair et Gordon Brown, notamment numéro deux du Trésor et ministre de la Santé. Dans ce dernier poste, il a insisté sur un plan national pour la dépendance des personnes âgées, s'inspirant de modèles comme les Pays-Bas.
Un leader social-démocrate à l'européenne
Burnham est comparé à Helmut Schmidt, ancien chancelier allemand et maire de Hambourg, ou au Premier ministre néerlandais Wim Kok. Pendant dix ans à la tête du Grand Manchester, il a redynamisé l'économie, construit des logements et amélioré les transports publics. Il arrive au pouvoir dix ans après le vote sur le Brexit, que 60 % des Britanniques considèrent désormais comme une grave erreur selon les sondages.
Les défis du Brexit et de l'immigration
Les gouvernements conservateurs post-Brexit ont ouvert les portes à près de 4 millions d'immigrés d'Asie et d'Afrique après avoir restreint l'immigration européenne. Burnham devra tendre la main au monde des affaires pour créer une coalition en faveur d'un rapprochement avec l'Europe, peut-être sur un modèle suisse ou norvégien. Il ne sera pas facile de diriger une Grande-Bretagne divisée, mais son expérience à la tête de ministères et d'une grande agglomération industrielle en fait le leader dont le pays a besoin.
Andy Burnham est officiellement devenu Premier ministre le 20 juillet 2026, septième en dix ans, après avoir été nommé chef du Parti travailliste avec le soutien d'environ 95 % des députés travaillistes et de 8 des 11 syndicats affiliés. Le Labour étant majoritaire au Parlement, son nouveau chef devient automatiquement Premier ministre sans élection anticipée, avec un mandat allant jusqu'en 2029.



