Le Sénat propose une hausse historique du budget de la défense
Dans le cadre de l'examen de la loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2025 à 2031, le Sénat a adopté un amendement visant à augmenter de 50 milliards d'euros le budget de la défense. Cette proposition, portée par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, a été adoptée en première lecture avec le soutien de la majorité sénatoriale de droite et du centre.
Un effort financier sans précédent
L'amendement prévoit une enveloppe supplémentaire de 50 milliards d'euros sur la période 2025-2031, portant le budget total de la défense à près de 450 milliards d'euros. Cette augmentation significative vise à répondre aux nouvelles menaces géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et les tensions en Asie-Pacifique. Les sénateurs estiment que les efforts actuels sont insuffisants pour garantir la sécurité de la France.
Des priorités clairement identifiées
Les fonds supplémentaires seraient alloués à plusieurs domaines clés :
- Modernisation des équipements : remplacement des matériels vieillissants, notamment les chars Leclerc et les frégates.
- Cyberdéfense : renforcement des capacités de lutte contre les cyberattaques, avec un budget doublé.
- Renseignement : augmentation des moyens humains et techniques des services de renseignement.
- Dissuasion nucléaire : maintien et modernisation de la composante nucléaire.
Un débat houleux au Sénat
L'adoption de cet amendement n'a pas fait l'unanimité. Les sénateurs socialistes et écologistes ont dénoncé une « surenchère budgétaire » qui pourrait se faire au détriment d'autres priorités, comme la transition écologique ou la santé. Ils ont également critiqué le manque de débat public sur un tel engagement financier. En réponse, le rapporteur général de la commission de la défense, Jean-Michel Houllegatte (LR), a souligné que « la défense est une priorité absolue dans le contexte actuel ».
Vers une adoption définitive
Le texte doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale. Le gouvernement, qui avait initialement prévu une augmentation de 30 milliards d'euros, devra se positionner sur cette proposition sénatoriale. Si elle est adoptée, la France pourrait atteindre l'objectif de 2% du PIB consacré à la défense dès 2026, comme demandé par l'OTAN.
Cette hausse massive du budget militaire suscite des interrogations sur son financement. Les sénateurs proposent de recourir à un emprunt national et à des économies sur d'autres postes budgétaires. Des discussions sont attendues dans les prochaines semaines pour trouver un équilibre entre ambitions militaires et soutenabilité financière.



