Gironde : course contre la montre pour fixer le gigantesque incendie
Gironde : lutte acharnée contre le mégafeu

Depuis dimanche soir, une course contre la montre est engagée en Gironde pour tenter de fixer le gigantesque incendie qui a ravagé 42 000 hectares de forêt. À la faveur d'une accalmie rendue possible par des conditions météo enfin plus favorables, les sapeurs-pompiers multiplient depuis lundi les actions de « noyage » sur les parcelles brûlées, totalement ou partiellement.

Noyage des zones et grattage des souches

En colonnes dans les chemins qui quadrillent la forêt des Landes de Gascogne, les sapeurs-pompiers effectuent au volant de leurs camions des « noyages de zones » à l’aide de lances à eau, comme l’explique le capitaine Sébastien Caillon, du Sdis de l’Orne. « Et quasi-simultanément, on va aller gratter tout ce qui est souches encore incandescentes, dans ce sol sableux, pour aller chercher le feu dans les profondeurs, et être sûr qu’il ne va pas ressortir en surface », poursuit-il.

Dans les chemins forestiers, les camions de pompiers avancent en colonne. « Il faut aller chercher tout ce qui est fumerolles, qui pourrait nous poser des problèmes sur la végétation encore présente. » Des fumerolles encore présentes par centaines dans la seule zone près de Marcheprime où nous nous sommes rendus lundi.

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Accélération face à la remontée des températures

Il faut faire vite. Les pompiers recensent en effet « beaucoup de points chauds » à travers les 42 000 hectares ravagés, et Météo-France a confirmé une hausse des températures à partir de ce mardi, et en particulier mercredi. Les conditions météo seront donc moins favorables, et propices à des reprises.

C’est pourquoi cette action au sol est complétée par celle des avions Dash et Air Tractor, qui larguent des « bandes de retardement » pour « ralentir l’inflammabilité des végétaux », explique le commandant Matthieu Jomain. « L’idée est de matraquer les zones les plus sensibles, pour appuyer les actions au sol, et se donner le maximum de chance pour prendre l’ascendant. »

Le produit retardant déposé sur la végétation va en effet repousser l’action du feu. « Avant de brûler, un feu va chauffer les végétaux, explique Matthieu Jomain. Le produit retardant va limiter cet effet de rayonnement, donc retarder l’inflammation du végétal, ce qui nous permet de gagner du temps et par la suite, par des actions au sol, venir à bout des nombreux foyers auxquels nous sommes confrontés. » L'objectif étant à la fois de limiter les reprises de feu, et de sauver la végétation qui n'a pas entièrement brûlé.

Coupes tactiques et pare-feu

La lutte contre ce mégafeu en Gironde passe aussi par des « coupes tactiques », pour constituer des pare-feu. À Marcheprime, les engins de chantier rasent la forêt sur des dizaines de mètres de large pour empêcher la progression des flammes. Idem à l’entrée de la presqu’île du Cap Ferret. « La ville de Lège-Cap-Ferret a été terriblement impactée, puisque 21 habitations ont été détruites et plusieurs centaines d’hectares ont brûlé, rappelle à 20 Minutes le maire de la ville, Philippe de Gonneville. Mais nous avons réussi à ce que le feu n’évolue pas vers le sud de la presqu’île [même si un nouveau foyer s’est déclaré lundi après-midi au niveau de Claouey]. »

« Nous réalisons ces travaux de génie forestier pour éviter que le feu ne progresse en créant des discontinuités dans le massif, poursuit l’élu. Nous en avons fait un premier entre Lège et Claouey, un deuxième qui entoure le village de Claouey, un troisième qui protège le centre médical de La Pignada, et nous allons en faire un nouveau au niveau du village de L’Herbe, qui va couper la presqu’île dans le sens Est-Ouest, pour éviter que les feux ne progressent vers le sud. » À ce jour, une centaine de kilomètres de pins ont été coupés par la filière bois, pour créer des pare-feu et des zones d’appui aux pompiers.

Matthieu Jomain salue également « l’engouement populaire » autour de l’action des pompiers, « qu’il s’agisse des bénévoles ou des agriculteurs avec leurs citernes à eau, qui nous permettent d’avoir une permanence à l’eau. » Des convois de tracteurs, pickups et utilitaires remplis d’eau sillonnaient en effet lundi les routes de Gironde pour prêter main-forte aux pompiers.

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