Rafale F5 : la DGA notifie des contrats pour le super Rafale
Rafale F5 : la DGA notifie des contrats clés

La Direction générale de l'armement (DGA) a notifié cet été plusieurs contrats en anticipation du lancement de la réalisation du standard F5 du Rafale, attendu entre 2033 et 2035 au sein de l'armée française. Ces contrats, attribués à Dassault, MBDA, Safran et Thales, portent sur le développement d'équipements qui feront de cet avion un appareil « haut du spectre », selon le général Jérôme Bellanger, chef d'État-Major de l'armée de l'Air et de l'Espace (AAE).

Un changement de paradigme autour de la connectivité

Lors d'une audition devant le Sénat, le général Bellanger a souligné que le F5 « marquera un changement de paradigme autour de la connectivité et de la puissance de calcul qu'il pourra déployer, donc du traitement de la donnée ». La DGA précise que ce standard constitue « une profonde rénovation à mi-vie du Rafale, indispensable pour le préparer à affronter les défis de la prochaine décennie et au-delà ».

Le projet, rebaptisé « super Rafale » par le PDG de Dassault, Eric Trappier, fin août, est devenu prioritaire après l'abandon en juin du projet européen Scaf (Système de combat aérien du futur). Selon la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30 actualisée, quarante-sept Rafale F5 devront être livrés d'ici à 2035 à l'armée de l'Air et de l'Espace, notamment aux Forces aériennes stratégiques (FAS).

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Emporter le futur missile nucléaire ASN4G

Le nouveau standard du Rafale doit emporter le futur missile Air-sol nucléaire de 4e génération (ASN4G). Un drone de combat devrait également accompagner cette nouvelle version de l'avion de chasse français. Le F5 sera qualifié à l'horizon 2033, avant d'être mis en service dans l'armée de l'Air et de l'Espace puis dans la Marine nationale.

Parmi les évolutions notables, le système de liaison de données Inter-Vehicle Data Link (IVDL), notifié à Thales, offrira une connectivité élargie grâce à une nouvelle forme d'onde haut débit, discrète et résistante au brouillage. Selon la DGA, cela permettra de « pénétrer dans des zones hostiles où les brouilleurs sont répandus, tout en conservant une qualité optimale d'échanges et de dialogue entre aéronefs ».

Un radar et un moteur améliorés

Le nouveau radar à balayage électronique deux plans eXtended Generation (RBE2-XG), confié à Thales, bénéficiera d'une forte augmentation de puissance, améliorant sa portée de détection et l'identification de cibles à Surface équivalente radar (SER) extrêmement faible. Ses capacités de calcul seront renforcées pour intégrer l'intelligence artificielle, et il s'inscrira dans une logique de combat collaboratif, avec des capteurs capables de travailler ensemble sans interaction des pilotes.

Le système d'autoprotection Spectra, notifié à Thales et MBDA, sera amélioré pour faire face à l'évolution de la menace. La détection et le brouillage seront sensiblement améliorés grâce au passage au tout numérique, permettant une rénovation complète du cœur de guerre électronique pour répondre à la densification et à la complexification des formes d'onde des menaces à l'horizon 2035.

Le nouveau moteur M88 T-REX, dont la conception préliminaire a été notifiée à Safran, verra sa poussée maximale augmenter de 20 %, passant de 7,5 à 9 tonnes. Il conservera les avantages du M88-2, comme sa faible consommation, tout en bénéficiant de modifications de certains modules. Cette modularité facilitera la maintenance, permettant le remplacement rapide de composants sans démonter l'ensemble, réduisant ainsi les temps d'immobilisation des aéronefs.

Eric Trappier a confirmé qu'il n'y aura pas de co-développement avec un pays étranger pour la réalisation du F5, mais que l'avion devrait être proposé à l'export à partir de 2035.

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