Likoud : radicalisation sous Netanyahou et risques électoraux
Likoud : radicalisation et risques électoraux

Le parti Likoud, autrefois pilier de la droite israélienne, a subi une transformation profonde sous la direction de Benyamin Netanyahou. Les différences idéologiques avec l’extrême droite se sont réduites à peau de chagrin, au point que le Premier ministre lui-même aurait qualifié les violences des colons de « cancer qui métastase » lors d’un conseil des ministres en mars dernier, selon la chaîne 13. Cette déclaration, rapportée alors que le gouvernement approuvait un plan secret pour lutter contre ces violences, contraste avec la politique pro-colonisation menée depuis des décennies.

Un virage idéologique marqué

Depuis son retour au pouvoir en 2022, Netanyahou a multiplié les alliances avec des figures d’extrême droite telles que Bezalel Smotrich, ministre chargé des colonies. Sous son impulsion, le Likoud a adopté un discours suprémaciste, antidémocratique et complotiste, brouillant les frontières avec des partis comme le Sionisme religieux ou Otzma Yehudit. Cette radicalisation se traduit par des projets de loi controversés, comme la réforme judiciaire de 2023, qui visait à limiter les pouvoirs de la Cour suprême, déclenchant des manifestations massives.

Les sondages récents montrent un recul du Likoud, qui pourrait perdre jusqu’à dix sièges aux prochaines élections législatives, prévues pour 2027. Selon une enquête de l’Institut israélien de la démocratie publiée en juin, seulement 22 % des électeurs estimaient que le parti représentait encore leurs valeurs, contre 35 % en 2022. Ce désamour s’explique en partie par la perception d’un virage extrémiste, notamment chez les modérés.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Conséquences électorales en vue

La radicalisation pourrait coûter cher au Likoud. L’analyste politique Yohanan Plesner souligne que « le parti de Netanyahou risque de perdre son électorat centriste, attiré par la stabilité sécuritaire, mais repoussé par les excès rhétoriques et les alliances avec des figures controversées ». L’opposition, menée par Yair Lapid et Benny Gantz, capitalise sur ce mécontentement, promettant un retour à une gouvernance plus modérée.

Netanyahou tente de recentrer son discours, mais les propos rapportés sur les colons montrent une tentative de rassurer la communauté internationale, alors que les violences en Cisjordanie ont augmenté de 40 % depuis 2023. Cependant, pour de nombreux électeurs, ce revirement apparaît comme opportuniste, renforçant la défiance envers un leader accusé de sacrifier les principes du Likoud sur l’autel du pouvoir.

L’héritage du Likoud en péril

Fondé en 1973 par Menahem Begin, le Likoud a longtemps représenté un nationalisme pragmatique, mêlant sécurité et ouverture diplomatique, comme en témoignent les accords de Camp David. Sous Netanyahou, cette tradition s’est effacée au profit d’une ligne dure, alimentée par un discours anti-palestinien et une défiance envers les institutions démocratiques. Les conséquences électorales pourraient être sévères, avec une possible érosion des bastions traditionnels du parti dans les grandes villes comme Tel Aviv et Haïfa.

Si la tendance se confirme, le Likoud pourrait se retrouver en position de faiblesse lors du prochain scrutin, obligeant Netanyahou à des alliances encore plus extrêmes pour conserver le pouvoir. Un scénario qui, selon les analystes, accélérerait la polarisation de la société israélienne et isolerait encore davantage le pays sur la scène internationale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale