Marine Le Pen cite le Chant des partisans, suscite l'indignation
Le Pen cite le Chant des partisans, indignation

Ce week-end, à l'occasion d'un « banquet champêtre » à Liévin, dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen, patronne du Rassemblement national, a cité le Chant des partisans, rappelant son intention de « lutter jusqu'au bout ». « Nous ne nous découragerons jamais », a assuré la cheffe de file des députés d'extrême droite, qui attend la décision de la cour d'appel de Paris mardi.

Si elle se voit confirmer une peine d'inéligibilité de plus de deux ans par la cour d'appel de Paris, l'ex-candidate ne pourra pas concourir une quatrième fois à l'Élysée. Dans ce cas, Jordan Bardella, son successeur à la tête du RN, est appelé à la remplacer. « Quand on se bat pour quelque chose qui nous dépasse, alors il me vient en tête un morceau d'une chanson que vous connaissez tous, qui est une chanson de résistance : "Amis, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place" », a lancé Marine Le Pen à ses supporters.

Un outrage dénoncé

La référence au chant de résistance, dont les paroles françaises ont été écrites par Joseph Kessel et Maurice Druon, a choqué certains observateurs. « Marine Le Pen, laissez le Chant des Partisans tranquille, a lancé l'eurodéputée Nathalie Loiseau (Horizons). Votre père a fondé le parti qu'il vous a légué avec d'anciens SS. N'imaginez pas qu'on a oublié. »

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« Quelle ironie d'entendre Marine Le Pen en déclamer une strophe en pensant à Jordan Bardella, eux qui dirigent le RN dont l'emblème est copié de la flamme fasciste italienne », a également réagi le chroniqueur Jean-Michel Apathie. Le député du groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale Benjamin Lucas a dénoncé « un outrage, un crachat ».

Vocation sacrificielle et unité affichée

Samedi à Liévin, Marine Le Pen s'est dite prête à passer le flambeau et à soutenir « tous les jours », « avec une grande énergie, une grande conviction et une grande confiance » son poulain, Jordan Bardella, pour qui elle a aussi « une immense amitié » et « une immense confiance » qu'il n'a « jamais trahie ».

« Nous sommes tous les deux engagés en politique par devoir », et non « par ambition personnelle », avec la même « vocation sacrificielle de l'engagement politique », a souligné Jordan Bardella de son côté. Une image d'unité bienvenue pour faire taire les doutes nés des prises de position dissonantes des deux champions du camp nationaliste qui doivent convaincre de la solidité du « ticket » qu'ils entendent présenter aux électeurs.

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