Infantino visé par une plainte de FairSquare au CIO
Infantino visé par une plainte de FairSquare au CIO

L'ONG FairSquare, basée à Zurich et spécialisée dans la surveillance des organisations sportives, a déposé une plainte formelle auprès du Comité international olympique (CIO) contre Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA). La plainte, rendue publique le 14 juillet 2026, accuse Infantino de violations répétées des règles exigeant la neutralité politique des dirigeants sportifs.

Des accusations de prises de position politiques

Selon FairSquare, Gianni Infantino aurait pris position à plusieurs reprises sur des sujets politiques, en contradiction avec les statuts de la FIFA et les principes d'indépendance du mouvement sportif. L'ONG cite notamment des déclarations publiques du dirigeant sur des conflits internationaux, des relations diplomatiques et des politiques migratoires. « Infantino a utilisé sa position pour s'exprimer sur des questions politiques controversées, ce qui est interdit par les règles de la FIFA et du CIO », a déclaré un porte-parole de FairSquare.

La plainte détaille au moins cinq incidents distincts entre 2023 et 2026, dont un discours lors d'une conférence de presse en 2024 où Infantino aurait critiqué les sanctions économiques contre un pays membre de la FIFA. Un autre incident concerne une rencontre privée avec un chef d'État autoritaire, documentée par des photographies publiées par des médias internationaux.

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Un précédent historique

Ce n'est pas la première fois que Gianni Infantino est accusé de violations de la neutralité politique. En 2022, une enquête interne de la FIFA avait déjà conclu à des manquements, mais aucune sanction n'avait été prise. FairSquare espère que le CIO, qui a des règles plus strictes en matière de neutralité, pourra imposer des mesures disciplinaires. « Le CIO a le pouvoir de recommander la suspension ou l'exclusion de dirigeants qui violent ces principes », a rappelé l'ONG dans un communiqué.

La plainte intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la FIFA et le CIO, notamment autour de la gestion des compétitions internationales et des droits de diffusion. Le CIO n'a pas encore répondu officiellement à la plainte, mais une source interne a indiqué que l'organisation « prendra le temps d'examiner les allégations avec sérieux ».

Réactions de la FIFA

La FIFA a rejeté les accusations, qualifiant la plainte de « sans fondement et motivée par des considérations politiques ». Dans un communiqué, l'instance dirigeante du football mondial a affirmé que Gianni Infantino « a toujours agi dans le respect des statuts et des valeurs du sport ». La FIFA a également accusé FairSquare de « mener une campagne de déstabilisation contre le président Infantino ».

FairSquare, de son côté, insiste sur la nécessité de préserver l'indépendance du sport. « Les dirigeants sportifs ne doivent pas être des acteurs politiques. Leur rôle est de promouvoir le sport, pas de prendre parti dans des conflits politiques », a déclaré l'ONG.

Impact potentiel

Si le CIO donne suite à la plainte, cela pourrait avoir des conséquences importantes pour la gouvernance du sport mondial. Une sanction contre Infantino pourrait affaiblir sa position à la tête de la FIFA, alors qu'il brigue un nouveau mandat en 2027. Par ailleurs, cette affaire relance le débat sur la neutralité politique des instances sportives, un principe souvent mis à l'épreuve dans un contexte géopolitique tendu.

Selon des experts juridiques interrogés par Le Monde, le CIO dispose de plusieurs options : ouvrir une enquête formelle, demander des éclaircissements à la FIFA, ou classer la plainte sans suite. « La balle est dans le camp du CIO, qui devra décider s'il souhaite envoyer un signal fort sur le respect des règles éthiques », a commenté un professeur de droit du sport.

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