La CIA sous Trump : purges, politisation et opérations controversées
CIA sous Trump : purges et politisation du renseignement

La CIA face aux bouleversements de l'ère Trump

Les informations de la CIA ont joué un rôle déterminant dans l'élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Selon les révélations du New York Times, l'agence de renseignement américaine surveillait l'ayatollah depuis plusieurs mois et avait connaissance d'une réunion prévue entre les dirigeants iraniens le samedi 28 février à Téhéran.

L'infiltration de la CIA s'est avérée si poussée que l'agence aurait même transmis une photographie de l'ayatollah au président américain pour confirmer son décès. Cependant, malgré ce succès opérationnel, une menace significative plane désormais sur l'institution de renseignement la plus puissante au monde.

La grande purge des services de renseignement

Dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, le président Donald Trump a lancé une purge d'envergure au sein des services de renseignement américains. L'objectif principal de cette opération était de détruire les carrières des personnes ayant enquêté sur ses relations avec la Russie pendant la campagne électorale de 2016.

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"La purge va même encore plus loin", explique Tim Weiner, journaliste américain et auteur de La Mission (Robert Laffont), lauréat du prix Pulitzer en 1988. "Si vous voulez un poste élevé au sein de la CIA, vous devez essentiellement prêter allégeance, non pas à la Constitution, mais à Donald Trump lui-même."

Un an après le début de cette purge, il reste difficile d'établir précisément combien de personnes ont quitté l'agence. Certaines sources évoquent cependant un chiffre avoisinant les 1 200 départs.

L'abandon des programmes de diversité

D'autres changements structurels sont intervenus rapidement, notamment concernant les méthodes de recrutement des agents. Depuis les années 1980, la CIA avait pour habitude de recruter des agents de différentes ethnies afin de faciliter les infiltrations à l'étranger.

L'administration Trump a cependant aboli le programme DEI (Diversité, Équité et Inclusion). "Envoyer des espions exclusivement blancs en Chine, au Pakistan ou en Somalie est une mauvaise idée", analyse Tim Weiner. "Les espions veulent se fondre dans la masse. Ils veulent connaître la langue, l'histoire et la culture des pays qu'ils espionnent. Autrefois, la diversité était l'un des superpouvoirs de la CIA."

L'opération Maduro et la nouvelle doctrine

Un troisième bouleversement majeur s'est concrétisé le 3 janvier 2026 avec l'opération Maduro. L'enlèvement de Nicolas Maduro illustre parfaitement ce qu'est devenue la CIA sous Donald Trump : une agence remodelée pour s'adapter aux priorités présidentielles.

À travers la "Doctrine Monroe", rebaptisée "Donroe" par le président Trump, Washington s'autorise désormais à s'immiscer plus activement dans les affaires de ses voisins latino-américains. Sur le plan tactique, l'opération "Absolute Revolve" représente un succès notable, avec des sources humaines infiltrées à Caracas et des renseignements essentiels communiqués pour la capture du président vénézuélien.

En interne, cette opération symbolise la fracture progressive qui s'est ouverte au sein de la CIA : d'un côté, les analystes travaillant dans les bureaux, et de l'autre, les officiers de terrain considérés comme des héros par la nouvelle administration.

Une politisation historique

La CIA serait donc entrée dans une nouvelle phase de politisation extrême. Pourtant, ce phénomène n'est pas entièrement nouveau. Fondée en 1947 dans le cadre du National Security Act, l'agence a été utilisée dès le début contre l'Union soviétique pendant la guerre froide.

"Depuis sa création, la CIA est un instrument de la politique étrangère américaine", rappelle Tim Weiner. "Elle fait ce que le président lui dit de faire. Elle lui appartient."

Aujourd'hui, la question fondamentale est de savoir où placer le curseur entre compétence professionnelle et loyauté politique. Entre purge au sein du renseignement, dérive autoritaire et politisation des institutions, Donald Trump prend le risque de fragiliser considérablement la plus célèbre des agences de renseignement américaines.

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