Expérimentation antidrone sur le char Leclerc
Les expérimentations pour s’adapter à la lutte antidrones se multiplient au sein de l’armée française. Dernière en date : le char Leclerc, qui a fait l’objet d’un test par le 5e régiment de cuirassiers (RC), faisant partie de la 2e brigade blindée.
« Des tirs de validation ont été réalisés sur des cibles volantes dans des conditions plus difficiles qu’au combat, avec un axe d’approche perpendiculaire à l’axe de tir, une trajectoire de vol erratique, une cible plus petite et à une altitude de vol supérieure à ce qui a été observé », explique le gouverneur militaire de Strasbourg sur les réseaux sociaux.
Un obus à 1 100 billes en carbure de tungstène
Pour ce faire, le char a utilisé un obus à effet canalisé (OEFC) de 120 mm, qui a projeté « des centaines de billes en tungstène à une vitesse supersonique », pour atteindre ses cibles. Le site spécialisé Zone Militaire explique que cet obus reprend le principe du Canister américain et « projette un nuage de 1 100 billes en carbure de tungstène à une vitesse de 1 140 m/s et à une distance pratique de 500 mètres ». Produit par KNDS France, cet obus est surtout utilisé pour la défense rapprochée. D’où l’idée de le tester contre les drones.
L’objectif de cette expérimentation est ainsi d’adapter un moyen existant à une menace nouvelle, pour mettre au point une « trame antidrone d’opportunité » complémentaire du système Proteus, qui repose sur un canon antiaérien de 20 mm recyclé, associé à une caméra thermique, une conduite de tir et à un calculateur doté d’une intelligence artificielle.
Transformation rapide des menaces aériennes de proximité
Basé à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis depuis 2016, le 5e RC s’est appuyé sur son expérience du conflit au Moyen-Orient pour apporter cette évolution au char Leclerc. « Le régiment bénéficie d’un environnement particulièrement pertinent pour observer l’évolution des conflits contemporains et les transformations rapides des menaces aériennes de proximité », explique sur LinkedIn le chef de corps du 5e RC. « L’emploi massif des drones et les logiques de saturation observées sur plusieurs théâtres conduisent aujourd’hui les forces terrestres à adapter leurs réflexes tactiques, leur coordination et leurs capacités de protection rapprochée. »



