Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a été reçu à Paris par le président Emmanuel Macron, mais c'est surtout l'attitude de Gabriel Attal qui a suscité la controverse. Le ministre de l'Éducation nationale a en effet minimisé les accusations de crimes contre l'humanité qui pèsent sur Netanyahou devant la Cour pénale internationale (CPI).
Une visite sous le signe de la controverse
Netanyahou est arrivé à Paris le 2 juillet 2025 pour une visite officielle de deux jours. La CPI a émis un mandat d'arrêt contre lui en novembre 2024 pour des crimes de guerre présumés à Gaza. Pourtant, Gabriel Attal a déclaré lors d'une interview sur France Inter : « Il ne faut pas mélanger les dossiers. Netanyahou est un partenaire diplomatique important pour la France. »
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2025, 68% des Français estiment que la France ne devrait pas accueillir de dirigeants visés par la CPI. Malgré cela, le gouvernement a accordé à Netanyahou un accueil protocolaire complet, avec un dîner à l'Élysée.
Les réactions de l'opposition et des ONG
L'opposition de gauche a vivement critiqué cette position. Jean-Luc Mélenchon a tweeté : « Attal et Macron bafouent la justice internationale en accueillant un accusé de crimes contre l'humanité. C'est une honte. » De son côté, Amnesty International a publié un communiqué rappelant que « la France a l'obligation de coopérer avec la CPI et ne peut pas faire comme si le mandat d'arrêt n'existait pas. »
Gabriel Attal a justifié sa position en affirmant que « la diplomatie nécessite parfois de dialoguer avec des personnes que l'on n'approuve pas ». Il a également ajouté que « la France continuera à défendre le droit international, mais pas de manière unilatérale. »
Un précédent dangereux selon les juristes
Plusieurs experts en droit international ont souligné que cette visite pourrait affaiblir la crédibilité de la CPI. « En accueillant Netanyahou, la France envoie un signal que les mandats d'arrêt de la CPI peuvent être ignorés », a déclaré le professeur de droit William Bourdon. Selon lui, cela pourrait encourager d'autres pays à faire de même.
La visite s'est déroulée sans incident majeur, mais des manifestations ont eu lieu devant l'ambassade d'Israël. La police a dénombré 1 200 participants, dont des représentants d'organisations pro-palestiniennes.
Un impact sur la relation franco-israélienne
Cette visite a également des implications géopolitiques. La France cherche à jouer un rôle de médiateur au Proche-Orient, mais cette position ambiguë pourrait compliquer ses relations avec les pays arabes. Le ministre des Affaires étrangères égyptien a exprimé sa « déception » face à l'accueil réservé à Netanyahou.
En interne, la majorité présidentielle est divisée. Plusieurs députés LREM ont exprimé leur malaise, tandis que le parti Les Républicains a salué la visite comme un « geste de realpolitik nécessaire ». Gabriel Attal, qui pourrait briguer la présidence du parti Renaissance, a tenté de calmer le jeu en réaffirmant l'engagement de la France pour la solution à deux États.



