Andy Burnham veut décentraliser le Royaume-Uni en transférant le pouvoir à Manchester
Andy Burnham : décentraliser le Royaume-Uni via Manchester

Le maire de Manchester, Andy Burnham, a lancé un appel à une décentralisation radicale du Royaume-Uni, proposant de transférer des pouvoirs significatifs du gouvernement central vers les régions, avec Manchester comme pionnière. Dans une interview au Guardian, Burnham a déclaré que le modèle actuel de centralisation à Londres est « brisé » et que les régions doivent obtenir plus d'autonomie pour répondre aux besoins locaux.

Une proposition pour une « dévolution fédérale »

Burnham, figure du Parti travailliste, a détaillé un plan en cinq points qui inclut le contrôle des transports, de la formation professionnelle, de la santé publique, du logement et de l'énergie. Il a spécifiquement proposé que Manchester prenne en charge la gestion de son réseau ferroviaire, actuellement sous la tutelle du gouvernement britannique. « Nous avons besoin d'un nouveau modèle de dévolution, pas seulement pour Manchester mais pour tout le pays », a-t-il affirmé.

Selon lui, la centralisation a conduit à des inégalités croissantes entre Londres et le reste du Royaume-Uni. Les données montrent que le produit intérieur brut par habitant à Londres est 70 % plus élevé que dans le Nord-Ouest de l'Angleterre, selon l'Office for National Statistics. Burnham a insisté sur le fait que donner plus de pouvoirs aux régions stimulerait la croissance économique et réduirait ces écarts.

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Un précédent avec la « dévolution mancunienne »

Manchester a déjà bénéficié d'une certaine dévolution depuis 2014, avec la création de la Greater Manchester Combined Authority et l'élection directe d'un maire en 2017. Burnham a été le premier à occuper ce poste. Il a souligné que cette expérience a montré que la dévolution fonctionne : « Nous avons prouvé que nous pouvons prendre des décisions plus rapidement et mieux adaptées aux réalités locales. »

Cependant, il a critiqué le gouvernement conservateur pour avoir freiné la dévolution, notamment en refusant de transférer le contrôle des services de probation et de la police. « Le gouvernement parle de dévolution mais agit en sens inverse », a-t-il dénoncé.

Des réactions mitigées

La proposition de Burnham a reçu un accueil favorable de la part de certains députés travaillistes, mais aussi des critiques. Le député conservateur Michael Gove, ministre du Logement, a qualifié l'idée de « dangereuse » pour l'unité du Royaume-Uni. De son côté, le maire de Londres, Sadiq Khan, a exprimé son soutien à une dévolution plus large, mais a mis en garde contre une concurrence entre régions.

Burnham a répondu que son plan n'est pas une menace pour l'unité nationale, mais au contraire un moyen de la renforcer. « Un Royaume-Uni plus fort vient de régions plus fortes », a-t-il conclu.

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