France : lutte contre la flotte fantôme russe
France : lutte contre la flotte fantôme russe

La France intensifie sa traque de la « flotte fantôme » russe, ces pétroliers qui contournent les sanctions occidentales imposées après l'invasion de l'Ukraine. Selon des sources gouvernementales, depuis janvier 2025, sept navires suspects ont été inspectés en Manche et en Méditerranée, et deux ont été immobilisés pour non-respect des règles de sécurité ou de propriété.

Des inspections ciblées en mer

Les opérations sont menées par la Marine nationale et les douanes, avec l'appui du renseignement. « Nous ciblons les navires qui changent fréquemment de pavillon, coupent leur transpondeur ou transfèrent leur cargaison en mer », explique un officier de la préfecture maritime de la Manche. Ces pratiques sont caractéristiques de la flotte fantôme, qui permettrait à la Russie d'exporter son pétrole au-dessus du plafond de 60 dollars le baril fixé par le G7.

En février, le pétrolier Nadia, battant pavillon camerounais, a été arraisonné au large du Havre. Les contrôleurs ont découvert des documents falsifiés et une cargaison de pétrole brut d'origine russe. Le navire a été immobilisé et son équipage, en partie ukrainien, a été débarqué.

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Un dispositif juridique renforcé

Pour durcir l'action, la France a transposé en droit national une directive européenne de 2024 autorisant l'inspection des navires suspects en haute mer. Le Parlement a également voté une loi permettant de saisir les cargaisons en cas de fraude documentaire. « Ces outils nous donnent une marge de manœuvre inédite », souligne le ministre des Transports, cité par nos confrères.

Selon un rapport du Centre d'analyse du terrorisme, la flotte fantôme compterait environ 600 pétroliers, dont 15 % navigueraient régulièrement dans les eaux européennes. Leur âge moyen est de 18 ans, contre 12 ans pour la flotte conventionnelle, ce qui augmente les risques de pollution.

Un impact sur les prix du pétrole

Les inspections françaises ont déjà un effet dissuasif. « Nous constatons une baisse des transits suspects en Manche, les navires préfèrent des routes plus longues par l'Afrique », indique un responsable de la direction des douanes. Toutefois, le volume de pétrole russe exporté via ces circuits illicites reste élevé, estimé à 1,5 million de barils par jour selon l'Agence internationale de l'énergie.

La France coordonne ses actions avec le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège, qui mènent des opérations similaires. Une task-force navale commune est en projet pour mutualiser les moyens de surveillance.

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