Afrique du Sud : les mouvements xénophobes imposent leur loi dans les rues
Afrique du Sud : mouvements xénophobes imposent leur loi

Le 1er juillet 2026, l'Afrique du Sud a été le théâtre d'une démonstration de force sans précédent des mouvements xénophobes. À Pretoria et Johannesburg, des milliers de militants ont paralysé des quartiers entiers, exigeant le départ des étrangers. Les manifestants, souvent armés de barres de fer et de bâtons, ont bloqué les principales artères, incendié des commerces tenus par des immigrés et proféré des menaces contre les populations étrangères. Le bilan provisoire fait état d'au moins 12 blessés et de nombreux dégâts matériels, selon les autorités locales.

Une mobilisation massive et organisée

Les mouvements xénophobes, comme Operation Dudula ou le Put South Africans First, ont réussi à mobiliser plusieurs milliers de personnes dans les deux plus grandes villes du pays. À Soweto, un quartier de Johannesburg, les manifestants ont érigé des barricades et empêché l'accès aux commerces gérés par des ressortissants somaliens, éthiopiens et zimbabwéens. « Nous en avons assez que les étrangers prennent nos emplois et nos maisons. Ils doivent partir », a déclaré John Mokoena, un leader d'Operation Dudula, cité par l'agence Reuters. Selon la police, au moins 15 personnes ont été arrêtées pour violences et incendies criminels.

Le gouvernement contraint de déployer l'armée

Face à l'ampleur des violences, le président Cyril Ramaphosa a ordonné le déploiement de l'armée dans les zones touchées, une mesure rare. « Nous ne tolérerons pas que des groupes violents imposent leur loi. La sécurité de tous les habitants, qu'ils soient sud-africains ou étrangers, est notre priorité », a-t-il déclaré lors d'une allocution télévisée. Environ 500 soldats ont été déployés à Pretoria et Johannesburg pour soutenir la police, qui peinait à contenir les débordements.

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Des étrangers pris pour cible

Les immigrés, en particulier ceux originaires d'autres pays africains, sont les principales victimes de cette flambée xénophobe. De nombreux commerces ont été pillés et incendiés. À Pretoria, un centre d'accueil pour réfugiés a été attaqué, faisant plusieurs blessés. « Nous avons peur. On nous dit de rentrer chez nous, mais nous n'avons nulle part où aller », témoigne Amina Hassan, une réfugiée somalienne, interrogée par l'AFP. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent une « chasse aux étrangers » et appellent le gouvernement à protéger les populations vulnérables.

Un contexte de crise économique et sociale

Ces violences s'inscrivent dans un contexte de grave crise économique en Afrique du Sud, avec un taux de chômage dépassant les 35 %, et des inégalités criantes. Les mouvements xénophobes exploitent le mécontentement populaire en désignant les étrangers comme boucs émissaires. « Le gouvernement doit s'attaquer aux causes profondes de la colère, pas seulement aux symptômes », estime Sipho Mthembu, analyste politique à l'université de Johannesburg. Les experts redoutent une escalade si des mesures économiques et sociales ne sont pas prises rapidement.

Réactions internationales

La communauté internationale a condamné ces violences. L'Union africaine a appelé au calme et au respect des droits des migrants, tandis que les Nations unies ont exhorté les autorités sud-africaines à garantir la sécurité de tous. Le Haut-Commissariat aux réfugiés s'est dit « profondément préoccupé » par la situation. Plusieurs pays africains, dont le Zimbabwe et le Mozambique, ont mis en garde leurs ressortissants contre les risques de voyager en Afrique du Sud.

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