Depuis un mois, un groupe de gens du voyage occupe l'aire de grand passage de Mèze, dans l'Hérault, alors que la règle fixe à quinze jours la durée maximale de séjour. Le maire, Thierry Baëza, dénonce une situation « inacceptable » et pointe le silence des services de l'État, qu'il dit avoir saisis sans résultat.
Une occupation prolongée au mépris du règlement
L'aire de grand passage de Mèze, aménagée conformément au schéma départemental, fonctionne sur la base d'un principe clair : les caravanes peuvent y stationner deux semaines maximum. Ce délai est largement dépassé. Le groupe actuellement installé refuse de plier bagage, malgré les relances de la municipalité.
Dans un message publié samedi 1er août sur ses réseaux sociaux, Thierry Baëza tire la sonnette d'alarme. Il dit avoir alerté la préfète de l'Hérault la semaine dernière, sans recevoir la moindre réponse. Son texte au titre explicite, « ras-le-bol d'un maire face au désengagement total de l'État », résume son exaspération.
Des nuisances dénoncées par le voisinage et les viticulteurs
Le maire de Mèze dresse un constat accablant. « Depuis maintenant trois semaines, nous accueillons sur l'aire de grand passage un groupe qui ne respecte rien : ni les viticulteurs, ni le voisinage. Déjections, papiers toilettes dans les vignes… Une situation devenue inacceptable », rapporte l'édile.
Selon lui, la ville a rempli sa part du contrat en créant cette aire d'accueil. « La Ville de Mèze a respecté ses obligations en aménageant une aire de grand passage conformément au schéma départemental. En contrepartie, les règles sont claires : la durée maximale de séjour est de quinze jours », insiste-t-il.
« Les élus locaux assument leurs responsabilités »
Le déclencheur du ras-le-bol est intervenu samedi 1er août. Thierry Baëza explique que le groupe, après avoir déjà refusé de quitter les lieux le dimanche précédent, a annoncé qu'il ne partirait pas non plus le dimanche suivant, portant son séjour à un mois. « La semaine dernière, j'ai alerté les représentants de l'État, sans réponse », déplore-t-il.
Face à ce blocage, le premier magistrat de Mèze s'emporte : « Les élus locaux assument leurs responsabilités. Ils attendent que l'État assume les siennes. Notre République ne peut pas fonctionner lorsque les règles ne sont plus appliquées et les élus locaux sont laissés seuls face aux problèmes. »
L'État appelé à agir
Thierry Baëza, connu pour son franc-parler, ne mâche pas ses mots. Il dénonce un « désengagement total » et réclame une intervention des autorités préfectorales pour faire respecter le règlement de l'aire de grand passage. Aux dernières nouvelles, il n'a toujours pas obtenu de réponse de la préfète de l'Hérault.
Cette situation relance le débat sur la gestion des aires d'accueil des gens du voyage et le partage des responsabilités entre communes et État. Les maires, qui doivent aménager ces équipements, se disent souvent démunis face à l'occupation illégale ou prolongée. À Mèze, le bras de fer est engagé.
Le groupe installé sur l'aire de grand passage campe sur sa position. La mairie, de son côté, attend un signal fort de l'État pour sortir de l'impasse. La préfecture de l'Hérault n'a, pour l'heure, pas réagi publiquement à ces déclarations.



