Lunel Agglo opte pour une gestion déléguée du centre aquatique intercommunal
Dans un contexte préélectoral tendu, les élus de Lunel Agglo se sont réunis à Villetelle ce jeudi 12 février pour leur ultime séance du mandat. Cette assemblée, marquée par des divisions profondes, a pris une décision majeure concernant le futur centre aquatique intercommunal.
Un vote controversé en pleine période électorale
Malgré les nombreuses demandes de report après les élections municipales, l'agglomération a choisi, à une large majorité de 34 voix pour, 9 contre et 2 abstentions, de déléguer la gestion de la piscine à un opérateur privé jusqu'en 2032. Le vice-président aux finances Denis Devriendt a défendu ce calendrier serré, arguant de la nécessité de ne pas retarder l'ouverture prévue pour l'été 2027.
« Pour ne pas retarder l'ouverture de la piscine, il est temps d'agir », a insisté l'élu, justifiant le choix de la gestion déléguée par les contraintes de personnel et de compétences sportives que représenterait une administration directe par l'Agglo.
L'opposition dénonce un manque de transparence
Les élus d'opposition n'ont pas manqué de critiquer cette décision. Julia Plane (RN) a plaidé pour « un débat public transparent » et l'étude de toutes les options, y compris une Société publique locale, pour éviter que « cet équipement ne devienne une source de profit ».
Michel Créchet, ancien adjoint aux finances de Lunel, a déploré la méthode : « Les associations et usagers ont été consultés sur la conception, on aurait dû continuer avec eux pour le mode de gestion. »
Fabrice Fenoy, maire de Lunel-Viel, a profité du débat pour égratigner le fonctionnement de l'Agglo, rappelant que le projet figurait au plan d'investissements dès 2020 et qu'« on a perdu 3 ans à cause de l'inertie du bureau des maires ».
Un budget intercommunal sous tension
Lors de cette même séance, le vice-président Denis Devriendt a présenté le budget primitif 2026 de l'agglomération, qui s'élève à 45 millions d'euros (35 M€ en fonctionnement, 10 M€ en investissement). Ce budget est marqué par :
- Un autofinancement proche de 2 millions d'euros
- La progression des charges de personnel obligeant à geler les créations de postes
- Les intérêts d'un nouvel emprunt de 5 millions d'euros pour financer le centre aquatique
Julia Plane a déploré un budget « de transition, sous perfusion », tandis que Michel Créchet a pointé la compression des capacités d'autofinancement. Cyril Barbato (BVL) a critiqué « le manque de dynamisme économique qui contraint à recourir à l'emprunt ».
Modification de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères
Les élus ont également acté une baisse du taux de la TEOM à 6,76% pour 2026, avec une part incitative passant de 40 à 42%. Cette mesure vise à encourager le tri tout en tenant compte d'un service dont le coût (10 M€) dépasse les recettes (9 M€).
Claude Chabert (RN) et Cyril Barbato ont toutefois estimé que « les habitants ne sont pas récompensés de leurs efforts de tri ». Fabrice Fenoy a quant à lui mis en cause le coût du nouveau marché des déchets, pointant du doigt une augmentation de 860 000€ par an.
Cette séance mouvementée illustre les tensions qui traversent Lunel Agglo à l'approche des élections municipales, où la redistribution des cartes intercommunales se jouera dans un peu plus d'un mois.



